21 mai 2014

La sorcière et le cygne, de Patricia McKhilip



Je l'avoue honteusement, cette auteure m'était jusque là totalement inconnue. Ceci dit, elle a été assez peu traduite en France, et son dernier roman qui est parvenu ici l'a été en 2003. Toujours est-il que ce petit roman traînait depuis un moment dans ma PAL, allez savoir pourquoi. 

Ici, nous ne sommes pas vraiment de la fantasy classique, pure et dure, avec des chevaliers, un orphelin, et une quête fantastique. Non, ce roman est plus proche du merveilleux, puisque notre héros, Corleu, fou amoureux de Tiel, se retrouve malencontreusement dans la Maison Noire qui abrite le Roi d'or, qui lui, n'est pas prêt de le laisser partir comme ça, ça non. Et le voici embarqué pour toute une série de quêtes aux aspects plus ou moins divins, puisque le Roi d'Or fait en fait partie d'une constellation.

On fait aussi très vite connaissance avec Nyx Ro, la sorcière des marais, qui si au départ m'est apparue comme un personnage assez banal dans son rôle de "méchante sorcière", s'est avérée passionnante par la suite. Corleu incarne beaucoup plus le personnage rêveur et dans la lune, que l'on n'imagine pas franchement en héros.

Vous l'avez peut-être déjà compris, ce roman m'a séduite. Le début est un peu confus, mais on a des personnages travaillés, une belle histoire, de la romance bien niaise, et on s'amuse bien. S'il faut un petit reproche puisqu'il en faut toujours un peu, tout de même, c'est que l'univers n'est pas autant développé qu'il le pourrait. Toute l'action ou presque se situe au château, et on ne voyage pas vraiment. De même, on ne peut que deviner toutes les légendes enfouies dans l'histoire, et peut-être les découvrir dans d'autres textes de l'auteure.

En tout cas, ce sera pour moi un plaisir de retrouver la plume sympathique de Patricia McKillip à l'occasion. Un petit extrait pour la peine ?

"Qu'est-ce qui te plait en elle?"
"Rien, a l'exception de ses auriculaires, de la couleur qu'ont ses yeux sous la pleine lune, de la façon dont sa bouche se plisse autour de certains mots. Mon nom, par exemple. Je suis bouleversé quand je l'entends rire, ce qu'elle a fait il y a trois ans. C'est un doux gloussement estival qui rappelle les merles perches dans les églantiers. Il y a sa beauté, mise en valeur par une robe verte. Ses attitudes, qui me font penser à un prédateur aux aguets. Lorsqu'elle lit, les phrases qu'elle prononce sont des bouffées d'un parfum enivrant."



5 mai 2014

Liavek, de Gregory Frost, Megan Lindholm et Steven Brust


J'avoue tout de suite : la couverture de Yana Moskaluk m'a fait craquer très vite. Voir ensuite que Megan Lindhom alias Robin Hobb y a participé, et c'était parti.

Liavek est en fait le nom d'une ville imaginaire de type médiéval, avec pour particularité que plusieurs auteurs l'ont utilisé pour leurs récits, tels Nancy Kress, Steven Brust, et bien d'autres. Les éditions ActuSF ont choisi de nous faire partager quelques nouvelles écrites dans cette univers, celles de Steven Brust, Megan Lindhom et Gregory Frost.

C'est probablement ce qui m'a le plus fait craindre ce recueil : je ne suis pas une grande fan de nouvelles, et l'écriture à plusieurs mains, si elle peut être formidable, n'est pas non plus toujours au rendez-vous. 

Mais ici, les nouvelles s'accordent bien, puisque le recueil s'ouvre sur une nouvelle sur le comte Dashif, ancien sorcier. Si la nouvelle n'est pas exceptionnelle, elle nous présente un peu la cité et son fonctionnement, et les principaux personnages auxquels nous aurons à faire. Les deux suivantes paraissent n'avoir aucun rapport avec la première, et pourtant ! Elles nous présentent le personnage de Kaloo, une jeune fille qui a le malheur de ne pas connaître la date de son anniversaire et donc de pouvoir utiliser sa chance, le pouvoir magique dans cet univers. Les dernières nouvelles achèvent de faire le lien avec le début, pour nous laisser un recueil qui fait finalement un ensemble.

Indéniablement, ma nouvelle préférée est La fortune du pot, où nous trouvons Kaloo et surtout le sorcier L'Ferrti, vieux sorcier qui va servir de maître à Kaloo, et personnage intéressant. Il a également été très appréciable de découvrir la plume de Steven Brust, et je suis bien curieuse de le découvrir un peu plus à l'occasion. De même, j'espère bien que d'autres écrits sur Liavek (il en existe une pelletée apparemment) auront la chance d'être traduits et accessibles au public français.

En plus, il peut compter pour ma première participation au challenge SFF au féminin de Tigger Lilly o/