17 avr. 2014

Fatherland, de Robert Harris


Le nom de l'auteur n'était jusque là jamais parvenu jusqu'à moi, et c'est parce qu'il se retrouva subitement dans mon rayon qu'il me donna une raison de s'intéresser à cette uchronie.

Nous sommes à Berlin, en 1964. Et l'Allemagne Nazie est encore bien là, puisque c'est même elle qui a gagné la guerre. C'est donc dans ce monde où les Etats-Unis et l'Allemagne sont les deux seules puissances que démarre le roman, avec une découverte macabre, sur laquelle devra enquêter l'inspecteur March.

March n'est pas franchement l'officier modèle qu'on pourrait imaginer : l'adhésion au Parti n'est toujours pas faite, il ne peut pas s'empêcher de se questionner sur tous les Juifs et autres indésirables envoyés "à l'Est". C'est le genre de personnage que j'apprécie beaucoup, par sa banalité, et surtout par la facilité d'identification. Il nous rappelle à quel point de se poser des questions sur la politique gouvernementale, et surtout, à quel point c'est facile de se laisser porter par les évènements, parce que bon, on est blond aux yeux bleus, alors vous comprenez, ce que sont devenus les Juifs, c'est peut-être pas si important que ça.

La seconde Guerre Mondiale, sans être un sujet qui me passionne, est quelque chose qui m'intrigue. En effet, difficile de concevoir le comment du pourquoi ça a pu arriver, et surtout, il est un peu trop facile de penser ça en se persuadant que c'est du passé, et en occultant la situation d'autres pays....

Mais le roman de Robert Harris n'est pas seulement une uchronie,  non, c'est principalement un polar, où notre inspecteur va vite se retrouver mêler à une affaire bien plus grosse que lui.... Au lieu de la mafia, on a la Gestapo qui aimerait bien se débarrasser de ceux qui posent trop de questions. Je n'en dis pas plus, vous découvrirez tout ça par vous-même si l'envie vous en prend !

Vous l'avez bien compris (en tout cas je l'espère), Fatherland est une uchronie très agréable à lire, qui ne prend pas le lecteur pour un idiot et qui donne à réfléchir, et c'est bien sympathique !

Fatherland - Robert Harris - Pocket - 6.90 €


A propos de l'auteur

Robert Harris (né le 7 mars 1957 à Nottingham) est un écrivain et journaliste britannique, qui a travaillé pour la BBC, pour l'Observer et le Sunday Times. Il est l'auteur de thrillers tels Archangel, Enigma et Fatherland, une uchronie se déroulant à Berlin dans les années 60 dans une Allemagne toujours nazie qui a gagné la Seconde Guerre mondiale. Il vit à Newbury dans le Berkshire.

Challenge SFFF au féminim



Les challenges et moi, on est pas copains. Probablement parce que j'ai une fâcheuse tendance à les zapper en cours de route et que les lectures imposées et moi, on ne s'aime pas trop. Mais Tigger Lilly propose là un challenge original et qui me tente vraiment, alors, c'est parti o/

Les règles ? Fastoche, il suffit de lire des ouvrages de la littérature de l'imaginaire écrits par une femme ou plusieurs pour que ça marche. 

Dans ma liste, vous trouverez ça :

  • Morwenna, Jo Walton
  • Vestiges, Laurence Suhner
  • Liavek, Megan Lindhom et Steven Brust
  • Miles Vorkosigan, Lois McMaster Bujold
  •  La chute des étoiles, Samantha Bailly
  • L'esclave, Carol Berg
  • Les motifs de l'ombre, Victoria J.Jones
  • La sorcière et le cygne, Patricia McKhillips
  • La danse du miroir, Lois McMaster Bujold
  • La puissance de Carthage, Mary Gentle
  • Un clone encombrant, Lois McMaster Bujold
  • L'apprentissage du guerrier, Lois McMaster Bujold
  • Ethan d'Athos, Lois McMaster Bujold
  • L'ultime rivage, Terremer 1, Ursula Le Guin
Les inscriptions et le reste des infos, c'est par là ! Rdv dans quelques mois pour voir si ce coup-ci j'y arrive !


10 avr. 2014

Chute libre - Carnets du gouffre, de Mademoiselle Caroline

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Les bds et moi, on n'est pas franchement les meilleures amies du monde. C'est pas faute d'en avoir lu plus jeune, pourtant. Heureusement pour moi, certaines personnes sont de bons conseils et permettent à quelques bds de croiser ma route, comme ce fut le cas ici.

La dépression est loin d'être un thème facile à traiter, et j'avoue avoir été très curieuse de voir comment le sujet pouvait être abordé sous ce format-là. On démarre par une couverture explicite, et très sombre. Ce sera le cas d'une bonne partie de la BD, en noir et blanc, bien accordé au thème.

L'auteur nous raconte son histoire, la découverte de la maladie, des anti-dépresseurs, des psy-chiatres/chologues, la difficulté de trouver un soignant qui nous correspond, et enfin, de son état actuel. 
Le thème me touche pour bien des raisons, la principale étant probablement que c'est un état que je constate de plus en plus, et qui est pourtant difficile à connaître puisque comme l'a si dit bien un psychologue de ma connaissance "on cache plein de choses sous ce mot". Mais cette BD m'a permis de comprendre un peu ce qui se cache derrière ce mot, l'importance de cette maladie au même titre qu'une maladie "physique", qu'on peut constater de nos yeux. 

Difficile de ne pas être touchée par le parcours de la narratrice/auteur, qui signe là un très beau texte, que je ne peux que conseiller à tous ceux et celles qui souhaitent en savoir plus sur le sujet.

Chute libre - Carnets du gouffre, Delcourt, 18.95 €

A propos de l'auteur

Mademoiselle Caroline est auteure de : Enceinte ; Mamaaaan ?! quoi encore ? ; Quitter Paris et Je commence lundi, le régime anti-régime (sortie en mars 2013) chez City éditions. Préface de son psychiatre Charly Cungi, spécialiste reconnu des thérapies comportementales et cognitive, vedette chez Retz, il est directeur des collections "Faire face" et "Savoir faire psy". Il a suivi de près son évolution dans sa maladie.

3 avr. 2014

Feuilles début 2014





Série Kenzie et Gennaro, Dennis Lehane (Un dernier verre avant la guerre, Ténèbres prenez-moi la main, Sacré, Gone Baby Gone, Prières pour la pluie, Moonlight Mile) : Bon, d'accord, c'est encore de la triche. Mais que voulez-vous, j'ai découvert Lehane par Ténèbres prenez-moi la main, et puis j'étais fichue. Kenzie et Gennaro ne sont pas des flics, pour une fois, mais des détectives privés qui parviennent toujours à se mettre dans des histoires improbables. Ou plutôt, qui ont du mal à s'empêcher de mettre leurs nezs dans les ennuis, même si d'un côté, on les comprend. Patrick Kenzie est au début du cycle un célibataire peut-être un peu trop soucieux de bien faire, drôle, et notre narrateur pour toute la série. Il nous fait visiter Boston à travers lui, un peu cynique, parfois réaliste, et faisant amèrement regretter au lecteur de ne pas avoir une carte de la ville sous la main ! Angela Gennaro, dite Angie, est mariée, battue par un mari violent, et pourtant si loin de l'image de la femme battue, pleine d'humour et déterminée. (non, ce n'est pas un spoil. L'info est donnée dans les 50 premières pages du premier tome, si ce n'est moins) Dans la galerie des personnages, nous avons aussi Bubba, ami d'enfance des deux enquêteurs, considéré comme un peu stupide par eux, et surtout incroyablement dangereux. J'ai adoré ce personnage dont on ne sait pas trop s'il lui manque quelques cases, ou s'il n'a juste aucune conscience du danger, ou encore, les deux. Ce que j'ai aimé dans cette série de polars ? Une écriture à la première personne, de l'humour, le plaisir de découvrir une ville, les thèmes traités, même s'ils sont difficiles. Une superbe série de polars ! (quand à moi, il ne me reste plus qu'à éplucher le reste de la bibliographie de l'auteur)

Le monde de Rocannon, Ursula Le Guin : Une lecture commune sur le Cercle Atuan, qui n'a malheureusement pas exercé son charme chez moi. Ce roman-ci semble faire partie d'un cycle, j'ai eu l'impression qu'il me manquait énormément d'informations, et bref, impossible de rentrer réellement dans le récit. Tant pis !

Weekend à Portmeiron, de Nicola Upson : Encore une enquête de Joséphine Tey ! Toujours dans l'après-guerre anglaise, ce dernier (?) volume des aventures de Joséphine nous présente un Hitchcock bien différent de ce qu'on pourrait penser, et encore une fois une merveilleuse enquête. Un super polar historique pour les amateurs du genre !

La ruche, Arthur Loustalot : La Ruche est un roman choral, où trois soeurs nous parlent de leurs vies, de leur mère, et surtout, de cette spirale destructrice qui les entraîne vers le fond. Le récit est loin d'être évident, et les réflexions qui y sont émises parfois difficiles à comprendre. Un roman certes sympathique, mais qui n'est pas vraiment parvenu à me convaincre.

Coeur d'acier, Brandon Sanderson : Mes dernières lectures de l'auteur datent un peu, et ce fut pour l'occasion ma première rencontre en littérature jeunesse. Etant toujours aussi difficile en la matière, je craignais le pire, mais finalement, ce petit roman de sf m'a bien plu. Le personnage principal n'est pas si imbuvable que ça, l'intrigue bien construite, c'est plutôt bien fichu.

Maîtresse de guerre, Gabriel Katz : J'avais déjà entendu parler de l'auteur pour sa trilogie chez les adultes sans tenter ma chance, et quand j'ai eu l'occasion par mon travail de lire Maîtresse de guerre, ça m'a paru être une bonne occasion de découvrir l'auteur. Commençons par le côté négatif. La quatrième de couverture nous vante un roman basé sur l'histoire d'une jeune fille qui veut être Maître d'armes, et dont ça s'avère compliqué de part un monde médiéval assez classique où les femmes n'ont pas vraiment une place enviable. Sauf que finalement, cette part là s'avère plutôt légère. Dans la première partie, celle qui m'a le moins plu, on découvre notre héroïne qui s'est engagée comme soldate, et qui va se retrouver très vite réduite à l'état d'esclave par ses ennemis. La suite est plus intéressante, avec l'apprentissage de la jeune fille, et la guerre plus mise en avant, l'affrontement de deux cultures bien différentes. On s'amuse bien, on suit les aventures de nos héros, et ça se lit avec plaisir. Ceci-dit, je ne suis pas totalement convaincue par ce roman. Peut-être à cause de cette tendance à attendre toujours plus des romans jeunesse, mais à mon sens, l'auteur aurait pu exploité bien plus ce qui est vanté sur la quatrième de couverture. A retenter dans sa trilogie adulte à l'occasion.

Cinq solutions pour en finir, Dominique Douay : Difficile de savoir ici si nous sommes dans un roman ou dans un recueil, vous êtes prévenus ! Ici, il faut détruire l'humanité, donc, si vous vouliez du joyeux, pas de chance, vous êtes bons pour aller voir ailleurs ! Entre univers illusoire, un autre monde où tout le monde change de vie au 31 décembre, l'auteur vous fera découvrir bien des manières pour l'univers de s'éteindre. Un petit recueil sympathique, mais qui n'a pas vraiment réussi à me marquer.

Mordre au travers, Virginie Despentes : Ma découverte de Despentes a démarré à la sortie de son essai "The king kong théorie" en poche, et même si je l'ai moins appréciée avec ce roman, ce petit recueil me tentait bien. Attention par contre, si vous ne connaissez pas Despentes ou que de nom, sachez que ces écrits sont toujours trash et avec la volonté de choquer. Plus que d'autres textes, ce recueil est choquant, et je ne peux que le déconseiller aux âmes sensibles. Il ne m'a pas été facile de lire ces textes, mais quel talent d'écriture !

Le monde perdu, Arthur Conan Doyle : Ce petit roman a attendu longtemps. Très longtemps. Alors qu'une fois démarré, il fut lu en une journée. Histoire d'explorateurs qui nous entraînent en Amazone, il est très facile de se laisser porter par ce petit bouquin. Et c'est tout de même vraiment appréciable d'avoir des romans jeunesse accessibles mais avec du vocabulaire, et qui je l'espère poussent les enfants à la curiosité.... (en plus, ça parle de dinosaures !)

Le monde perdu sous la mer, Arthur Conan Doyle : J'avais très peur que les deux histoires ne se ressemblent trop et du coup, ne m'intéressent pas. Grosse erreur de ma part, puisque si c'est aussi une histoire d'explorateurs, les deux récits sont bien différents. On est ici dans le monde marin, et on revisite une version de l'Atlantide, avec une touche de mythologie. Ca en fait un roman jeunesse aussi sympathique que le précédent à lire !

Après l'amour, Agnès Vannouvong : Un premier roman français, qui m'a attiré à cause de son thème. La narratrice se retrouve brusquement quittée par sa compagne, après des années de vie commune. Elle doit à présent se reconstruire, survivre à l'absence, apprendre à aimer de nouveau. En fait, c'est un récit à la fois beau et pourtant banal, qui m'a fait incroyablement plaisir dans sa banalité. Peu importe qui on aime, au final.

La décrue/Les pillards, Robin Hobb : La suite de la série des Anciens est agréable à lire, mais je maudis de tout mon coeur le découpage français. Les tomes sont très inégaux, et parfois un peu vides. Dans ces tomes-ci, nos héros arrivent enfin à la cité perdue de Kelsingra, et commencent à l'explorer. Les dragons deviendront-ils un jour de "vrais" dragons ? Suspens. Certains personnages font aussi enfin leur retour et me font souhaiter l'arrivée de la fin avec impatience, ça m'a l'air prometteur !