23 janv. 2014

Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh



Il me semble avoir entendu parler de la série Quatre soeurs pour la première fois par ma collègue qui s'occupait à ce moment-là du rayon des romans ado, juste avant qu'il n'arrive chez moi. Une discussion plus tard avec une amie qui l'avait dans sa librairie, et me voilà partie avec ainsi qu'avec d'autres romans pour ado, déjà à moitié convaincue étant donné que c'est publié à l'Ecole des Loisirs. Vous ai-je déjà parlé de cette maison d'éditions ? Non ? Ils éditent des livres pour la jeunesse (les fameux Père Castor et Lutins poche, ce sont eux), et j'ai eu l'occasion d'en lire pas mal adolescente et adulte, et de les apprécier, même s'il s'agit toujours de romans contemporains totalement dépourvus d'imaginaire. En plus, ce sont eux qui publient Marie-Aude Murail, l'incontournable.

Bref, parlons un peu de ce livre-ci au lieu de s'éparpiller. Les soeurs Verdelaine sont cinq et vivent comme elles peuvent depuis le décès de leurs parents dans un accident de voiture, sous la houlette de l'aînée, Charlie, 22 ans. A travers les voix d'Enid, Hortense, Bettina et Genevieve, on  suit leur quotidien à la Vill'hervé, entre histoires d'amour, d'amitiés, querelles entre soeurs, et bien d'autres encore. Comment ne pas succomber à ce très beau roman ? Parce bon, oui, nous aussi on l'a eue, cette soeur qui passe des heures dans la salle de bains, la/le plus jeune qui nous enquiquine avec ces histoires un peu farfelues, et tant d'autres choses de l'enfance.

Ajoutez à ça de très belles aquarelles en guise de couverture (sur les tomes individuels), et vous ne pourrez qu'approuver. Chaque tome suit une soeur, et tout le monde trouvera facilement à qui s'identifier. De plus, sachez que la saga a été adapté en BD (deux tomes sortis à ce jour) qui sont aussi très agréables à parcourir. Une série de romans à faire lire dès 11 ans.

Quatre soeurs, Malika Ferdjoukh, 19€, Ecole des Loisirs, 2013.


A propos de l'auteur 

Malika Ferdjoukh est née en 1957 à Bougie en Algérie. Ce qui explique le "h" final à son nom (quand on l'oublie, elle a horreur de ça!), et sa collection de chandelles. Elle vit à Paris depuis sa petite enfance. Elle a séché quelques films à la Cinémathèque pour suivre des cours à la Sorbonne. On peut dire qu'elle est incollable sur le cinéma américain, ses dialogues fameux et ses distributions pléthoriques, du western au polar noir, mais son genre adoré reste la comédie musicale dont elle est capable de chanter à tue-tête les airs les plus improbables. Elle écrit des séries pour la télévision.

19 janv. 2014

L'arcane des épées, de Tad Williams




Si vous êtes un lecteur "récent" de fantasy, il est probable que vous ne connaissiez pas cette série éditée en France dans les années 90. Cette saga de fantasy fait partie de mon adolescence, et c'est avec une immense joie que j'ai pu la redécouvrir à l'occasion de sa sortie en trois intégrales (elle est sortie en 8 volumes à la base).

Simon est un orphelin du château Hayholt, demeure de Jean Presbytère, roi d'Osten Ard, marmiton de son état. Le jeune garçon deviendra par la suite l'apprenti du docteur Morgénès, qui lui apprend à écrire. Mais une ombre grandit dans le royaume, et avec la mort de Jean Presbytère de vieillesse, la succession s'annonce difficile, d'autant plus qu'Ineluki, roi de l'orage, veut la destruction de l'humanité.....

Oui, bon, d'accord, le pitch de base nous fait penser à de la bonne vieille fantasy sans rien de bien original. Et effectivement, ce n'est pas la série la plus originale du monde, de loin. Mais les personnages sont travaillés, on a un style direct et efficace, et franchement c'est un pur plaisir de voir enfin une saga de fantasy avec un orphelin qui est très loin d'être un héros, qui passe un temps fou à se plaindre, parce bon, la vie n'est pas facile, une princesse trop arrogante et pas nunuche, mais qui en payera le prix, et une mention spéciale pour Binaquebik, le troll des montagnes qui semble invariablement de bonne humeur.

On trouve là un monde construit, qu'on découvre avec grand plaisir, une intrigue intéressante, et très franchement une saga très agréable qui se lit toute seule ou presque. Un petit article pour une grande saga, à qui il est dommage de ne pas laisser sa chance.

L'arcane des épées, réédité en 3 volumes chez Pocket, Tad Williams, 2012.


A propos de l'auteur

Robert Paul Williams, dit Tad Williams (né le 14 mars 1957 à San José) est un auteur américain de romans de science-fiction et de fantasy. Il est notamment l'auteur des cycles L'Arcane des épées et Autremonde.
Il eut une enfance sans histoire, puis est devenu chanteur et parolier d'un groupe rock, illustrateur et cartooniste, présentateur de radio et de télé, employé d'Apple et fondateur d'une compagnie de production de télé interactive. C'est à vingt-cinq ans qu'il commence à écrire La Ligue du Parchemin.
Il a écrit aussi La Guerre des fleurs1, et qui se place dans une réalité parallèle où vivent créatures féeriques en tout genre.

6 janv. 2014

1,2,3,4, joyeux bloganniversaire !



Tout d'abord, j'espère que vous avez tous passé de bonnes fêtes de fin d'année, et surtout qu'une merveilleuse année livresque vous attend !


Et oui, aujourd'hui, ce petit blog a 4 ans ! Qui l'aurait cru ? Certainement pas moi, étant donné la baisse de billets de cette année... Mais tout n'est pas encore perdu, nous ne renoncerons pas ! Bon, d'accord, 2013 fut une année chaotique, que ce soit au niveau du blog ou de ma vie privée, ce qui n'a certainement pas aidé à maintenir le bateau à flot.

Ceci dit, 2013 a aussi été marquée d'un déménagement, et surtout, d'un référencement complet de mes bouquins et d'un allègement de ma PAL (avec même un début de "Kill my PAL). Mon merveilleux outil m'apprend donc que je suis en possession de 659 ouvrages, dont 127 non lus. Gloups.

Mon nombre de billets à l'année est trop ridicule pour être mentionné, mais sachez que le maigre total de 48 livres a été chroniqué, et que 39 autres attendent patiemment leur tour d'avoir un petit mot par ici. Gloups bis. Tout comme l'an dernier, je n'ai pas le nombre exact de mes lectures en tête, mais étant donné que je lis actuellement au minimum 2 livres par semaine, il est probable qu'il tourne comme l'an dernier entre 100 et 120.

Du coup, pour 2014, on va essayer de prendre quelques bonnes habitudes. La première, noter consciencieusement tous mes emprunts du travail, histoire d'avoir un compte exact pour une fois. La seconde sera d'écrire pour chaque livre lu quelques mots/lignes, et ce le plus rapidement possible après l'avoir achevé, histoire de pouvoir faire un article assez rapidement par la suite. La troisième sera d'éliminer d'ici janvier ces fichues 39 chroniques en attente. Enfin, pour la dernière, on reste dans le thème du "Kill my PAL", puisque l'objectif sera de la faire baisser considérablement cette année, quitte à refaire du tri.

Pour finir, quelques titres marquants de cette année :

2 janv. 2014

Feuilles fin 2013



Série des Jack Caffery, Mo Haider (Birdman, L'homme du soir, Rituel, Skin, Fétiches) : Oui, je sais, vous pouvez me traiter de feignasse. Mais c'est assez difficile de parler de polars sans en dévoiler franchement l'intrigue, et gâcher le plaisir. Birdman est un ouvrage que j'avais lu au printemps, afin de préparer une opération polars. Soyons franc, c'est un polar très trash, mais qui remplit parfaitement son office de page-turner qu'on ne quittera plus jusqu'à la toute fin quitte à le terminer à trois heures du mat'. Et quand me vint une nouvelle envie de polars, j'en ai profité pour me faire toute la série. Jack Caffery est un inspecteur assez classique, torturé, qui a ses défauts comme ses qualités, qu'on verra sous différents angles qui le rendent profondément humain. Le cycle verra apparaître un second personnage important, Fléa, bien développé également. Les intrigues sont bien menées, c'est bien écrit et franchement très agréable. Une série de polars pour tous ceux et celles qui ne craignent pas le trash cependant, l'auteur ne nous épargne pas :)

Tancrède, Ugo Bellagamba : Cet auteur ne m'avait pas franchement enthousiasmée lors de ma première rencontre avec le double corps du roi, mais il me paraissait assez juste de retenter ma chance avec un ouvrage ayant plus de chances de me plaire, une uchronie. L'histoire se déroule au Moyen-Age, au temps des croisades, et c'est franchement intéressant. Rares ont été jusqu'à lors les occasions de me documenter réellement sur cette période, et ce fut un vrai plaisir de les découvrir en compagnie de Tancrède. Le personnage est bien fichu, et l'auteur semble bien documenté, même si le tout n'a pas réellement réussi à me toucher.

Trois grands fauves, Hugo Boris : Ce bouquin faisait partie de la sélection finale pour le prix du roman Fnac, et comme il m'intéressait, il fut lu. L'auteur nous trace le portrait de trois grands hommes, à savoir Danton, Hugo, et Churchill, et surtout, il s'intéresse à leur rapport à la vie et à la mort. Une belle occasion de réviser leurs biographies et d'apprendre de nouvelles choses à leur sujet. Roman bien sympathique à lire, et accessible même avec peu de notions d'histoire !

La maison des chagrins, Victor Del Arbol : On m'avait vendu ce polar comme étant bon, c'est du Actes Sud, et bon, rappelons-le, j'aime souvent ce que fait cette maison d'éditions. Et pourtant, quelle déception dans ce polar qui n'en mérite pas vraiment le nom ! C'est long, l'intrigue met une éternité à se mettre en place, ça se traîne, et pour ma part il a fallu lutter pour ne pas abandonner la lecture. Pourtant, une fois l'intrigue là, ça n'est pas si mal, mais le rythme est définitivement trop lent pour moi.

After Dolores, de Sarah Schulman : Ce roman traînait dans ma PAL depuis une éternité, au point que je ne me souvienne même plus comment il est arrivé là. Mais il faut croire que certains livres attendent leur heure patiemment, et ce fut le cas ici. Tout d'abord, il est important de signaler que s'il est sorti en 2008 en France, il a a été écrit dans les années 80, et n'est donc pas des plus "modernes". On a ici une sorte de polar, ou plutôt de roman noir, d'exploration de l'univers lesbien new-yorkais, à travers le personnage d'une serveuse qui vient de se faire plaquer par Delores. Elle nous entraîne avec elle dans son périple, dans sa tristesse et sa douleur. Roman qui exclut presque totalement les hommes, passionnant, et qui finalement, nous montre surtout la douleur d'une rupture.

L'échange des princesses, de Chantal Thomas : Encore un texte historique me direz-vous ! Et oui, cette fois-ci, nous suivons les histoires de Mademoiselle de Montpensier et de l'Infante d'Espagne, qui seront "échangées" en vue de mariages. Ca rappelle plutôt bien les intrigues politiques de l'époque, les difficultés d'intégration qui peuvent survenir, et bien évidemment les difficultés des mariages arrangés. Roman sympathique, sans être exceptionnel.

Le rire du grand blessé, Delphine Coulon : Ce bouquin de la rentrée littéraire m'intriguait, j'ai vu passer quelques articles sur lui, et c'était parti pour ce qui s'est révélé être un bouquin de SF. Dans ce monde, pas d'extraterrestre ou autre, non, juste l'absence de lecture. Les livres ont disparu. Intéressant, n'est ce pas ? Je n'en dis pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue, mais ce roman est franchement bien fichu même si très court, un peu dans la veine de Fahrenheit par exemple.

Fugitives, Alice Munro : Il m'a paru assez logique de tenter ma chance avec le Nobel de cette année, et mon choix s'est porté sur ce recueil de huit nouvelles. Elles portent toutes sur la fuite de femmes, de différentes manières. Un recueil intéressant, mais qui ne m'a pas marqué pour autant, une écriture agréable, sans plus. Ceci dit, les nouvelles n'étant pas forcément ce que je préfère, il est probable que cet ouvrage parle plus aux amateurs de textes courts.

Les mutilés, Marianne Vic : Ce roman-ci m'avait paru prometteur en le voyant arriver à la rentrée littéraire, avec un sujet intéressant, à savoir une famille marquée par les drames de l'histoire, une héroïne qui vit tant bien que mal, avec une soeur amputée de ses membres. Les éléments sont réunis pour un récit sombre et intrigant, mais allez savoir pourquoi, la magie n'a pas fonctionné avec moi. Des difficultés à m'identifier à la narratrice, et un roman peut-être un peu trop âpre à mon goût. 

L'écorchée, Donato Carrisi : Mila Vasquez is back ! Souvenez-vous, c'était le héros du Chuchoteur, thriller superbe sorti en 2010. Impossible pour moi de rater cette suite qui n'en est pas réellement une, puisqu'au final, même si l'on retrouve la même enquêtrice, les affaires sont elles différentes. Vous trouverez ici un polar extrêmement sombre, désespérément pessimiste, et qui marche merveilleusement bien. Un plaisir à lire qui se dévore très rapidement.

Le soleil à mes pieds, Delphine Bertholon : Encore un titre de la rentrée littéraire de cette année ! L'auteur a fait pas mal couler d'encre par son précédent roman, Grâce, et un concours de circonstance m'a permis d'en découvrir son dernier-né. Nous avons la Grande, une nymphomane tyrannique, très attirée par la mort, qui gouverne sa jeune soeur, la Petite, jeune femme effacée et timide, toutes les deux victimes d'une enfance et d'une vie chaotique. Tout d'abord, il est important de préciser que ce roman vous mettra très probablement mal à l'aise. Nous entrons de plein fouet dans l'univers fermé et meurtrie de la Petite, qui survit, qui refuse de sortir de sa chambre telle un cocon protecteur, et la violence désespérée de la Grande. Ne vous méprenez pas : à mon sens, ce roman est superbe, servi par une écriture très belle, et qui est très franchement à découvrir. En tout cas, je compte continuer à explorer l'oeuvre de l'auteur.

No pasaran le jeu, Christian Lehmann : Ma mémoire me joue peut-être des tours, mais il est à peu près certain que ce roman est en fait une relecture, puisqu'il est sorti en 1996. On parle là d'un sujet tout à fait approprié aujourd'hui, à savoir les jeux vidéos, et plus précisément leur addiction, à travers un trio d'adolescents qui vont découvrir un jeu fantastique, qui leur fera découvrir des guerres, et mais est-ce vraiment un simple jeu ? L'auteur nous parle ici de cette violence quotidienne relayée par les médias, devenue banale, et de la violence en général. Vous trouverez là un roman très violent, parfois écoeurant, mais qui constitue à mes yeux un très bon livre de littérature adolescente. 

Réseau(x), Vincent Villeminot : Ma collègue m'a vanté la précédente série de l'auteur, Instinct, et c'est donc tout naturellement que j'ai profité de la sortie de son dernier ouvrage. Nous sommes ici dans un futur proche, où les réseaux sociaux ont pris une influence folle sur la vie, et où d'étranges vidéos ressemblent fortement à des rêves postés sur le web.... Snuff-movies ou simples vidéos ? Lu avec plaisir mais sans y accrocher réellement, ce thriller est clairement un roman puzzle, à la multitude de personnages, très intéressants, et qui plaira sans souci à des adolescents comme à des adultes.

The body finder, Kimberly Derting : Un roman pour adolescents qui démarre avec une héroïne capable de sentir les morts, ça démarre plutôt bien, vous ne trouvez pas ? On a des personnages assez bien faits, un peu d'enquête, cependant ça reste un tome de démarrage. Un roman young adult plutôt sympathique.