20 nov. 2014

Une pomme par jour, Marabout



Quand j'ai vu ce livre atterrir dans ma boîte aux lettres, ma première pensée fut "formidable, j'adooore les pommes" (et tout ceux qui me connaissent un peu le savent, ça doit bien faire partie de mes fruits préférés). La deuxième ? Il est beau ce bouquin ! La photo de couverture, réalisée par Marie Pierre Morel, me donne bien faim, à moi. Typiquement, c'est le genre d'ouvrages qui me donne envie de cuisiner et d'avoir une tonne de beaux livres comme ça sur mes étagères.

Comme le dit bien l'auteure, Keda Black, la pomme est un fruit banal, qu'on trouve facilement, et pour tous les goûts, puisqu'il en existe une grande variété. L'ouvrage s'ouvre sur un petit carnet pratique, qui vous dit tout (ou presque) sur nos fruits préférés. De l'histoire des pommiers à la conservation des fruits, en passant par ce qu'on peut faire avec des pommes crues, vous saurez tout. On vous donne même des petites idées pour des jus sains pour passer l'hiver, et des infos sur la fabrication du cidre (et des recettes au cidre, du coup !) 

On passe ensuite dans le vif du sujet, à savoir, les recettes ! Et ça démarre par une sélection de dix tartes aux pommes, qu'elle soit classique, ou meringuée, il y en aura pour tous les goûts ! La suite du livre est bien appréciable, puisqu'on nous présente les variétés les plus connues de pommes (la Golden Delicious, ma préférée "love"), ainsi que bien d'autres accompagnées de recettes adaptées à la variété, et auxquelles nous n'aurions pas forcément pensé !



(Et comme vous pouvez le constater, les dessins signés Sophie Péchaud et Julie Serre sont bien plaisants à l'oeil)

Enfin, ce livre s'achève sur la partie qui est peut-être la plus géniale pour moi, à savoir, les différents accords qu'on peut faire ! Enfin, on peut satisfaire nos envies de faire un peu plus qu'un gâteau aux pommes, et expérimenter du sucré/salé, et bien d'autres choses ! (pour ma part, je n'aurais jamais pensé à faire une vinaigrette avec des pommes.....)

Pour conclure, vous l'avez compris, ce livre de cuisine est vraiment très chouette, facile à utiliser, beau, et complet sur le sujet ! Un grand merci aux Editions Marabout et à Babelio pour leur Masse Critique qui m'a permis de découvrir ce superbe ouvrage.

26 oct. 2014

Utopiales 2014



S'il y a bien un événement de science-fiction à ne pas rater en fin d'année, ce sont les Utopiales, à Nantes. Et cette année, pour la quinzième édition, le thème sera l'Intelligence. Comme chaque année, ça se passe à la Cité des congrès, du 30 octobre au 2 novembre 2014.

Le programme est disponible ici en détails.

En attendant, voilà mon propre programme prévisionnel !

Vendredi 

13h00 / Scène Shayol /Lire de la science-fiction nous rend-il plus
intelligents ?
14h00 / Scène Hetzel /Les intelligences non standards dans la hard-SF
15h00 / Scène Shayol /Intelligence et conscience artificielles : quelle est la
frontière ?
17h00 / Scène Shayol / Rencontre avec Michael Moorcock
18h00 / Scène Hetzel /L’âge de raison : enfance, intelligence et pouvoir en
science-fiction
19h00 / Scène Shayol /Intelligence artificielle, religion et Apocalypse

Samedi

10h00 / scène Shayol /La fabuleuse épopée des inadaptés en science-fiction
10h00 / Scène Hetzel /Premiers contacts : le cinéma peut-il nous y
préparer ?
11h00 / Scène Hetzel / Existe-il des intelligences terrestres non-humaines ?
11h30 / Bar de Mme Spock : Remise du prix Planet-SF
14h00 / Scène Hetzel / Vivre en bonne intelligence : la terre, l’univers et
le reste
17h00 / Scène Shayol / Intelligence artificielle et citoyenneté : vers l’égalité
de droits ?

Dimanche

10h30 / Scène Hetzel / L’apparition de la vie dans l’univers : fruit du hasard
ou de l’intelligence ?
11h00 / Bar de Mme Spock / Rencontre avec Anne Larue, une féministe au bord
du temps
11h30 / Scène Hetzel / Comment communiquer avec une intelligence
extraterrestre
12h30 / Scène Shayol /Wonder Women II

Certaines conférences nécessitant un clonage ou un retourneur de temps ou un Tardis, leurs inventeurs sont priés de bien vouloir me contacter avant le début du festival, merci bien !

(Pour les dédicaces et le reste, j'ai déjà ma petite idée, mais ça sera dans le compte-rendu, on ne sait jamais, des fois qu'il faille courir après certains auteurs)

A très vite pour ceux et celles qui y seront !

26 août 2014

Pourquoi j'ai mangé mon père, Roy Lewis



Le problème des classiques, c'est qu'on ne cesse de les voir passer, en se disant "un jour, je le lirai", sauf que ce "un jour" ne vient pas toujours. Ca y a failli être le cas pour moi avec ce petit livre, jusqu'à ce que Vert profite de son challenge néolithique pour me le prêter. Et grand bien lui a  pris, parce que ce petit bouquin est en fait très chouette.

Nous sommes à l'époque Paléolithique, dans une famille pas comme les autres. Ernest est un jeune homme assez classique, mais dont le père, Edouard, ne cesse de chercher de nouvelles inventions, comme le feu, ou encore l'arc. Et sa famille n'est pas en reste. A l'exception de l'oncle Vania, qui lui estime que pour un homme, la meilleure vie est dans les arbres, non mais ! A bas l'innovation !

Le roman de Roy Lewis est tout bonnement à mourir de rire. On adore découvrir les différentes réactions face aux innovations, comme la drague. La réaction d'Ernest et de ses frères face à cette idée est juste magnifique.

Un autre point positif ? On apprend plein de choses sur la préhistoire, et on développe son esprit critique. Parce que oui, les innovations, c'est bien,  mais ça remet en cause aussi certaines choses ! Doit-on transmettre tout ce qu'on apprend aux autres, ou au contraire le garder pour soi ?

Vous l'avez bien compris, ce petit roman est tout bonnement passionnant, accessible aux petits comme aux grands. Il marque en plus ma première participation au challenge de Vert !


A propos de l'auteur

Roy Lewis a grandi à Birmingham, et poursuivi ses études à Oxford avant d'intégrer la London School of Economics. Après un long séjour en Australie, il rentre en Angleterre en 1946 et entreprend alors la rédaction d'ouvrages socio-économiques. Son ami Timothé Bouchard, anthropologue, l'amène à s'intéresser au passé de l'espèce humaine. C'est à la suite de leurs conversations que Roy Lewis écrit Pourquoi j'ai mangé mon père, publéé en 1960. Rapidement, il est engagé comme correspondant à Washington pour The Economist, avant de rejoindre le magazine Times en 1961, où il reste jusqu'à sa retraite en 1971.


6 juil. 2014

Challenge Morwenna List



Chez "La Prophétie des Anes" , a été lancé tout récemment un challenge qui me plaît bien, à savoir lire les ouvrages cités dans Morwenna, de Jo Walton (lu mais pas encore chroniqué). Quelques hésitations plus tard, me voilà !

La fameuse liste a été établie par les bons soins de Lorkhan, et est visible ici.  Et ci-dessous, ma petite liste personnelle... En bleu, les ouvrages déjà lus, en rouge ceux que je voudrais livre, mais comme aucun d'entre n'est pas dans ma PAL, on va partir sur un niveau Poul Anderson !
  • Adams, Douglas : Le guide du voyageur galactique
  • Asimov, Isaac : La fin de l’éternité – Guide to science – Guide to the Bible – The left hand of the electron – Fondation (série)
  • Bradley, Marion Zimmer : L’épée enchantée
  • Brooks, Terry : L’épée de Shannara
  • Dick, Phillip K. : Le maître du Haut Château
  • Herbert, Frank : Dune
  • Huxley, Aldous : Le meilleur des mondes
  • Le Guin, Ursula : La cité des illusions – Les dépossédés – L’oeil du héron – L’ultime rivage – L’autre côté du rêve – Contes de Terremer – The wind’s twelve quarters (recueil, nouvelles en partie traduites dans Le Livre d’Or d’Ursula Le Guin) – Le sorcier de Terremer – Le nom du monde est forêt
  • Lewis, C. S. : Les fondements du christianisme/Voilà pourquoi je suis chrétien – Narnia (série) – Au-delà de la planète silencieuse
  • McCaffrey, Anne : Le vol du dragon – La chanteuse-dragon de Pern – Le chant du dragon – Le dragon blanc
  • Silverberg, Robert : Né avec les morts – L’oreille interne – Stepsons of Terra – Les temps parallèles -- Revolt on Alpha C (as « Voyage to Alpha Centauri ») – Les monades urbaines
  • Simak, Clifford : Demain les chiens
  • Tolkien, J. R. R. : Le Hobbit – Le seigneur des anneaux (trilogie) – Le Silmarillion – Les aventures de Tom Bombadil
  • Zelazny, Roger : Royaumes d’ombre et de lumière – La pierre des étoiles – Le maître des rêves – Les fusils d’Avalon – L’île des morts – Les neuf princes d’Ambre –Repères sur la route – Le signe de la licorne – Toi l’immortel
  • Autres auteurs SF nommés : Ellison, Harlan – Lord Dunsany (Plunkett, Edward) – McIntyre, Vonda – Piper, H. Beam – Smith, Cordwainer (Linebarger, Paul).
  • Alcott, Louisa May : Les quatre filles du docteur March
  • Brontë, Charlotte : Jane Eyre
  • Dickens, Charles : L’ami commun
  • Platon : Les lois – Phèdre – La République – Le banquet
  • Poe, Edgar Allan : Le corbeau
  • Shakespeare, William : Le songe d’une nuit d’été – Richard II – Roméo et Juliette – La tempête – La nuit des rois – Le conte d’hiver

5 juil. 2014

L'esclave, de Carol Berg



Carol Berg est une auteure qui m'était totalement inconnue. J'avais juste vu passer le premier tome à sa sortie en poche, et il avait ainsi atterri dans ma PAL. Bon, ceci dit, il est probable que Carol Berg soit une inconnue pour moi parce que seule cette trilogie-ci (Les livres de rai-kirah) a été traduite en France.

Ca démarre tout de suite avec Seyonne, esclave qui vient d'être acheté par le prince Aleksander, un Derzhi, le peuple qui réduit tous les autres en esclavage dans sa quête de pouvoir. Au premier abord, Seyonne est assez banal, un homme qui tente désespérément de survivre comme il peut dans un monde sans pitié avec lui.... Cependant, étant lettré, le voilà qui va attirer l'attention du Prince, et devenir tant que bien mal une sorte de conseiller moral.

Vous l'avez peut-être compris, mais ce n'est pas ici que vous trouverez de grandes batailles héroïques, navrée, repassez plus tard ! Non, ici, c'est plus une lutte pour la survie, d'un côté comme de l'autre. On apprend petit à petit à découvrir nos deux personnages, qui sont incroyablement humains. Ce n'est pas la première fois qu'un prince sera présenté sous l'éternelle image de l'enfant pourri gâté cruel, mais Aleksander arrive malgré tout à attirer la sympathie.... De même, Seyonne n'est pas toujours le personnage le plus agréable ^^

Le monde de Carol Berg a une magie intéressante, qui fonctionne par le biais des esprits et des démons, et c'est plutôt bien fichu même si très surprenant, et que le temps manque dans le récit pour la découvrir réellement. 

L'une des choses que j'ai apprécié ici, c'est aussi que même si c'est le premier volume d'une trilogie, c'est aussi une histoire à part entière, avec ses rebondissements, sa fin, et tout ce qui fait de ce roman quelque chose de franchement sympathique.



4 juin 2014

L'appel de Mordant, de Stephen R. Donaldson (trilogie)



Certaines œuvres ne passeraient jamais entre nos mains si une bonne âme ne nous les conseillait pas. Ici, ce fut un heureux prêt du volume 1 qui me fit terminer cette trilogie, avec retard. Parce que oui, j'avoue tout, j'ai lu les deux derniers tomes avec au moins un ou deux ans d'intervalle. Et malheureusement pour moi, ma mémoire n'a pas franchement joué le jeu de tout retenir. On admettra donc que mon avis est probablement biaisé par le laps de temps important.

L'appel de Mordant n'est pas franchement l'oeuvre la plus connue de Stephen R. Donaldson, trilogie de fantasy plutôt classique. Térisa est une jeune femme qui vit dans un monde contemporain, fille d'un riche homme d'affaires qui ne se préoccupe pas du tout d'elle, quelque peu névrosée, et obsédée par les miroirs. Autant le dire de suite, difficile d'apprécier un personnage pareil même si on ne peut nier son humanité. Géraden, lui, est apprenti imageur dans le royaume de Mordant, et va débarquer subitement un jour dans l'appartement de Térisa par un miroir, en quête d'un Champion pour sauver son royaume menacé d'invasion.

Si Térisa est l'archétype du personnage que je déteste, Géraden n'est pas beaucoup mieux. Le jeune homme maladroit, peu sûr de lui et de ses capacités et qui, avouons-le, ne sert pas à grand chose au début de la trilogie, n'est pas très passionnant. Le mage Erémis, comploteur qui cherche à mettre notre héroïne dans son lit est pour le coup plus intéressant, même si son point de vue est très peu de présent.

Vous l'avez compris, niveau personnages, rien pour moi qui apprécie des personnages travaillés. L'intrigue ? Au début du récit, Térisa se retrouve appelée comme Championne, dans un royaume où le roi régnant, Joyse, sombre peu à peu dans la folie. Les Imageurs, qui travaillent à partir de miroirs, sont divisés, et la menace gronde à travers les royaumes d'Alend et Caldwal. Géraden soutient coûte que coûte son roi qui reste désespérément passif, et Térisa va devoir faire un choix....

S'il y a quelque chose d'important à savoir sur ce cycle avant d'en commencer la lecture, c'est qu'en version originale, il s'agit d'un diptyque. Et ici, le premier a été scindé en deux parties, hélas pour moi. Le second tome a été incroyablement difficile à lire, alors que, surprise, le troisième a été avalé d'un coup, tout s'accélérant brusquement pour terminer en beauté le cycle.

Malheureusement, l'impression qu'il me reste de "L'appel de Mordant" post-lecture est mitigée. Les personnages m'ont été particulièrement insupportables, malgré une intrigue bien ficelée, et le style un peu vieillot (volontaire ou pas ?) n'a pas aidé à la lecture. On dira donc : cycle sympathique, mais dispensable.

21 mai 2014

La sorcière et le cygne, de Patricia McKhilip



Je l'avoue honteusement, cette auteure m'était jusque là totalement inconnue. Ceci dit, elle a été assez peu traduite en France, et son dernier roman qui est parvenu ici l'a été en 2003. Toujours est-il que ce petit roman traînait depuis un moment dans ma PAL, allez savoir pourquoi. 

Ici, nous ne sommes pas vraiment de la fantasy classique, pure et dure, avec des chevaliers, un orphelin, et une quête fantastique. Non, ce roman est plus proche du merveilleux, puisque notre héros, Corleu, fou amoureux de Tiel, se retrouve malencontreusement dans la Maison Noire qui abrite le Roi d'or, qui lui, n'est pas prêt de le laisser partir comme ça, ça non. Et le voici embarqué pour toute une série de quêtes aux aspects plus ou moins divins, puisque le Roi d'Or fait en fait partie d'une constellation.

On fait aussi très vite connaissance avec Nyx Ro, la sorcière des marais, qui si au départ m'est apparue comme un personnage assez banal dans son rôle de "méchante sorcière", s'est avérée passionnante par la suite. Corleu incarne beaucoup plus le personnage rêveur et dans la lune, que l'on n'imagine pas franchement en héros.

Vous l'avez peut-être déjà compris, ce roman m'a séduite. Le début est un peu confus, mais on a des personnages travaillés, une belle histoire, de la romance bien niaise, et on s'amuse bien. S'il faut un petit reproche puisqu'il en faut toujours un peu, tout de même, c'est que l'univers n'est pas autant développé qu'il le pourrait. Toute l'action ou presque se situe au château, et on ne voyage pas vraiment. De même, on ne peut que deviner toutes les légendes enfouies dans l'histoire, et peut-être les découvrir dans d'autres textes de l'auteure.

En tout cas, ce sera pour moi un plaisir de retrouver la plume sympathique de Patricia McKillip à l'occasion. Un petit extrait pour la peine ?

"Qu'est-ce qui te plait en elle?"
"Rien, a l'exception de ses auriculaires, de la couleur qu'ont ses yeux sous la pleine lune, de la façon dont sa bouche se plisse autour de certains mots. Mon nom, par exemple. Je suis bouleversé quand je l'entends rire, ce qu'elle a fait il y a trois ans. C'est un doux gloussement estival qui rappelle les merles perches dans les églantiers. Il y a sa beauté, mise en valeur par une robe verte. Ses attitudes, qui me font penser à un prédateur aux aguets. Lorsqu'elle lit, les phrases qu'elle prononce sont des bouffées d'un parfum enivrant."



5 mai 2014

Liavek, de Gregory Frost, Megan Lindholm et Steven Brust


J'avoue tout de suite : la couverture de Yana Moskaluk m'a fait craquer très vite. Voir ensuite que Megan Lindhom alias Robin Hobb y a participé, et c'était parti.

Liavek est en fait le nom d'une ville imaginaire de type médiéval, avec pour particularité que plusieurs auteurs l'ont utilisé pour leurs récits, tels Nancy Kress, Steven Brust, et bien d'autres. Les éditions ActuSF ont choisi de nous faire partager quelques nouvelles écrites dans cette univers, celles de Steven Brust, Megan Lindhom et Gregory Frost.

C'est probablement ce qui m'a le plus fait craindre ce recueil : je ne suis pas une grande fan de nouvelles, et l'écriture à plusieurs mains, si elle peut être formidable, n'est pas non plus toujours au rendez-vous. 

Mais ici, les nouvelles s'accordent bien, puisque le recueil s'ouvre sur une nouvelle sur le comte Dashif, ancien sorcier. Si la nouvelle n'est pas exceptionnelle, elle nous présente un peu la cité et son fonctionnement, et les principaux personnages auxquels nous aurons à faire. Les deux suivantes paraissent n'avoir aucun rapport avec la première, et pourtant ! Elles nous présentent le personnage de Kaloo, une jeune fille qui a le malheur de ne pas connaître la date de son anniversaire et donc de pouvoir utiliser sa chance, le pouvoir magique dans cet univers. Les dernières nouvelles achèvent de faire le lien avec le début, pour nous laisser un recueil qui fait finalement un ensemble.

Indéniablement, ma nouvelle préférée est La fortune du pot, où nous trouvons Kaloo et surtout le sorcier L'Ferrti, vieux sorcier qui va servir de maître à Kaloo, et personnage intéressant. Il a également été très appréciable de découvrir la plume de Steven Brust, et je suis bien curieuse de le découvrir un peu plus à l'occasion. De même, j'espère bien que d'autres écrits sur Liavek (il en existe une pelletée apparemment) auront la chance d'être traduits et accessibles au public français.

En plus, il peut compter pour ma première participation au challenge SFF au féminin de Tigger Lilly o/



17 avr. 2014

Fatherland, de Robert Harris


Le nom de l'auteur n'était jusque là jamais parvenu jusqu'à moi, et c'est parce qu'il se retrouva subitement dans mon rayon qu'il me donna une raison de s'intéresser à cette uchronie.

Nous sommes à Berlin, en 1964. Et l'Allemagne Nazie est encore bien là, puisque c'est même elle qui a gagné la guerre. C'est donc dans ce monde où les Etats-Unis et l'Allemagne sont les deux seules puissances que démarre le roman, avec une découverte macabre, sur laquelle devra enquêter l'inspecteur March.

March n'est pas franchement l'officier modèle qu'on pourrait imaginer : l'adhésion au Parti n'est toujours pas faite, il ne peut pas s'empêcher de se questionner sur tous les Juifs et autres indésirables envoyés "à l'Est". C'est le genre de personnage que j'apprécie beaucoup, par sa banalité, et surtout par la facilité d'identification. Il nous rappelle à quel point de se poser des questions sur la politique gouvernementale, et surtout, à quel point c'est facile de se laisser porter par les évènements, parce que bon, on est blond aux yeux bleus, alors vous comprenez, ce que sont devenus les Juifs, c'est peut-être pas si important que ça.

La seconde Guerre Mondiale, sans être un sujet qui me passionne, est quelque chose qui m'intrigue. En effet, difficile de concevoir le comment du pourquoi ça a pu arriver, et surtout, il est un peu trop facile de penser ça en se persuadant que c'est du passé, et en occultant la situation d'autres pays....

Mais le roman de Robert Harris n'est pas seulement une uchronie,  non, c'est principalement un polar, où notre inspecteur va vite se retrouver mêler à une affaire bien plus grosse que lui.... Au lieu de la mafia, on a la Gestapo qui aimerait bien se débarrasser de ceux qui posent trop de questions. Je n'en dis pas plus, vous découvrirez tout ça par vous-même si l'envie vous en prend !

Vous l'avez bien compris (en tout cas je l'espère), Fatherland est une uchronie très agréable à lire, qui ne prend pas le lecteur pour un idiot et qui donne à réfléchir, et c'est bien sympathique !

Fatherland - Robert Harris - Pocket - 6.90 €


A propos de l'auteur

Robert Harris (né le 7 mars 1957 à Nottingham) est un écrivain et journaliste britannique, qui a travaillé pour la BBC, pour l'Observer et le Sunday Times. Il est l'auteur de thrillers tels Archangel, Enigma et Fatherland, une uchronie se déroulant à Berlin dans les années 60 dans une Allemagne toujours nazie qui a gagné la Seconde Guerre mondiale. Il vit à Newbury dans le Berkshire.

Challenge SFFF au féminim



Les challenges et moi, on est pas copains. Probablement parce que j'ai une fâcheuse tendance à les zapper en cours de route et que les lectures imposées et moi, on ne s'aime pas trop. Mais Tigger Lilly propose là un challenge original et qui me tente vraiment, alors, c'est parti o/

Les règles ? Fastoche, il suffit de lire des ouvrages de la littérature de l'imaginaire écrits par une femme ou plusieurs pour que ça marche. 

Dans ma liste, vous trouverez ça :

  • Morwenna, Jo Walton
  • Vestiges, Laurence Suhner
  • Liavek, Megan Lindhom et Steven Brust
  • Miles Vorkosigan, Lois McMaster Bujold
  •  La chute des étoiles, Samantha Bailly
  • L'esclave, Carol Berg
  • Les motifs de l'ombre, Victoria J.Jones
  • La sorcière et le cygne, Patricia McKhillips
  • La danse du miroir, Lois McMaster Bujold
  • La puissance de Carthage, Mary Gentle
  • Un clone encombrant, Lois McMaster Bujold
  • L'apprentissage du guerrier, Lois McMaster Bujold
  • Ethan d'Athos, Lois McMaster Bujold
  • L'ultime rivage, Terremer 1, Ursula Le Guin
Les inscriptions et le reste des infos, c'est par là ! Rdv dans quelques mois pour voir si ce coup-ci j'y arrive !


10 avr. 2014

Chute libre - Carnets du gouffre, de Mademoiselle Caroline

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Les bds et moi, on n'est pas franchement les meilleures amies du monde. C'est pas faute d'en avoir lu plus jeune, pourtant. Heureusement pour moi, certaines personnes sont de bons conseils et permettent à quelques bds de croiser ma route, comme ce fut le cas ici.

La dépression est loin d'être un thème facile à traiter, et j'avoue avoir été très curieuse de voir comment le sujet pouvait être abordé sous ce format-là. On démarre par une couverture explicite, et très sombre. Ce sera le cas d'une bonne partie de la BD, en noir et blanc, bien accordé au thème.

L'auteur nous raconte son histoire, la découverte de la maladie, des anti-dépresseurs, des psy-chiatres/chologues, la difficulté de trouver un soignant qui nous correspond, et enfin, de son état actuel. 
Le thème me touche pour bien des raisons, la principale étant probablement que c'est un état que je constate de plus en plus, et qui est pourtant difficile à connaître puisque comme l'a si dit bien un psychologue de ma connaissance "on cache plein de choses sous ce mot". Mais cette BD m'a permis de comprendre un peu ce qui se cache derrière ce mot, l'importance de cette maladie au même titre qu'une maladie "physique", qu'on peut constater de nos yeux. 

Difficile de ne pas être touchée par le parcours de la narratrice/auteur, qui signe là un très beau texte, que je ne peux que conseiller à tous ceux et celles qui souhaitent en savoir plus sur le sujet.

Chute libre - Carnets du gouffre, Delcourt, 18.95 €

A propos de l'auteur

Mademoiselle Caroline est auteure de : Enceinte ; Mamaaaan ?! quoi encore ? ; Quitter Paris et Je commence lundi, le régime anti-régime (sortie en mars 2013) chez City éditions. Préface de son psychiatre Charly Cungi, spécialiste reconnu des thérapies comportementales et cognitive, vedette chez Retz, il est directeur des collections "Faire face" et "Savoir faire psy". Il a suivi de près son évolution dans sa maladie.

3 avr. 2014

Feuilles début 2014





Série Kenzie et Gennaro, Dennis Lehane (Un dernier verre avant la guerre, Ténèbres prenez-moi la main, Sacré, Gone Baby Gone, Prières pour la pluie, Moonlight Mile) : Bon, d'accord, c'est encore de la triche. Mais que voulez-vous, j'ai découvert Lehane par Ténèbres prenez-moi la main, et puis j'étais fichue. Kenzie et Gennaro ne sont pas des flics, pour une fois, mais des détectives privés qui parviennent toujours à se mettre dans des histoires improbables. Ou plutôt, qui ont du mal à s'empêcher de mettre leurs nezs dans les ennuis, même si d'un côté, on les comprend. Patrick Kenzie est au début du cycle un célibataire peut-être un peu trop soucieux de bien faire, drôle, et notre narrateur pour toute la série. Il nous fait visiter Boston à travers lui, un peu cynique, parfois réaliste, et faisant amèrement regretter au lecteur de ne pas avoir une carte de la ville sous la main ! Angela Gennaro, dite Angie, est mariée, battue par un mari violent, et pourtant si loin de l'image de la femme battue, pleine d'humour et déterminée. (non, ce n'est pas un spoil. L'info est donnée dans les 50 premières pages du premier tome, si ce n'est moins) Dans la galerie des personnages, nous avons aussi Bubba, ami d'enfance des deux enquêteurs, considéré comme un peu stupide par eux, et surtout incroyablement dangereux. J'ai adoré ce personnage dont on ne sait pas trop s'il lui manque quelques cases, ou s'il n'a juste aucune conscience du danger, ou encore, les deux. Ce que j'ai aimé dans cette série de polars ? Une écriture à la première personne, de l'humour, le plaisir de découvrir une ville, les thèmes traités, même s'ils sont difficiles. Une superbe série de polars ! (quand à moi, il ne me reste plus qu'à éplucher le reste de la bibliographie de l'auteur)

Le monde de Rocannon, Ursula Le Guin : Une lecture commune sur le Cercle Atuan, qui n'a malheureusement pas exercé son charme chez moi. Ce roman-ci semble faire partie d'un cycle, j'ai eu l'impression qu'il me manquait énormément d'informations, et bref, impossible de rentrer réellement dans le récit. Tant pis !

Weekend à Portmeiron, de Nicola Upson : Encore une enquête de Joséphine Tey ! Toujours dans l'après-guerre anglaise, ce dernier (?) volume des aventures de Joséphine nous présente un Hitchcock bien différent de ce qu'on pourrait penser, et encore une fois une merveilleuse enquête. Un super polar historique pour les amateurs du genre !

La ruche, Arthur Loustalot : La Ruche est un roman choral, où trois soeurs nous parlent de leurs vies, de leur mère, et surtout, de cette spirale destructrice qui les entraîne vers le fond. Le récit est loin d'être évident, et les réflexions qui y sont émises parfois difficiles à comprendre. Un roman certes sympathique, mais qui n'est pas vraiment parvenu à me convaincre.

Coeur d'acier, Brandon Sanderson : Mes dernières lectures de l'auteur datent un peu, et ce fut pour l'occasion ma première rencontre en littérature jeunesse. Etant toujours aussi difficile en la matière, je craignais le pire, mais finalement, ce petit roman de sf m'a bien plu. Le personnage principal n'est pas si imbuvable que ça, l'intrigue bien construite, c'est plutôt bien fichu.

Maîtresse de guerre, Gabriel Katz : J'avais déjà entendu parler de l'auteur pour sa trilogie chez les adultes sans tenter ma chance, et quand j'ai eu l'occasion par mon travail de lire Maîtresse de guerre, ça m'a paru être une bonne occasion de découvrir l'auteur. Commençons par le côté négatif. La quatrième de couverture nous vante un roman basé sur l'histoire d'une jeune fille qui veut être Maître d'armes, et dont ça s'avère compliqué de part un monde médiéval assez classique où les femmes n'ont pas vraiment une place enviable. Sauf que finalement, cette part là s'avère plutôt légère. Dans la première partie, celle qui m'a le moins plu, on découvre notre héroïne qui s'est engagée comme soldate, et qui va se retrouver très vite réduite à l'état d'esclave par ses ennemis. La suite est plus intéressante, avec l'apprentissage de la jeune fille, et la guerre plus mise en avant, l'affrontement de deux cultures bien différentes. On s'amuse bien, on suit les aventures de nos héros, et ça se lit avec plaisir. Ceci-dit, je ne suis pas totalement convaincue par ce roman. Peut-être à cause de cette tendance à attendre toujours plus des romans jeunesse, mais à mon sens, l'auteur aurait pu exploité bien plus ce qui est vanté sur la quatrième de couverture. A retenter dans sa trilogie adulte à l'occasion.

Cinq solutions pour en finir, Dominique Douay : Difficile de savoir ici si nous sommes dans un roman ou dans un recueil, vous êtes prévenus ! Ici, il faut détruire l'humanité, donc, si vous vouliez du joyeux, pas de chance, vous êtes bons pour aller voir ailleurs ! Entre univers illusoire, un autre monde où tout le monde change de vie au 31 décembre, l'auteur vous fera découvrir bien des manières pour l'univers de s'éteindre. Un petit recueil sympathique, mais qui n'a pas vraiment réussi à me marquer.

Mordre au travers, Virginie Despentes : Ma découverte de Despentes a démarré à la sortie de son essai "The king kong théorie" en poche, et même si je l'ai moins appréciée avec ce roman, ce petit recueil me tentait bien. Attention par contre, si vous ne connaissez pas Despentes ou que de nom, sachez que ces écrits sont toujours trash et avec la volonté de choquer. Plus que d'autres textes, ce recueil est choquant, et je ne peux que le déconseiller aux âmes sensibles. Il ne m'a pas été facile de lire ces textes, mais quel talent d'écriture !

Le monde perdu, Arthur Conan Doyle : Ce petit roman a attendu longtemps. Très longtemps. Alors qu'une fois démarré, il fut lu en une journée. Histoire d'explorateurs qui nous entraînent en Amazone, il est très facile de se laisser porter par ce petit bouquin. Et c'est tout de même vraiment appréciable d'avoir des romans jeunesse accessibles mais avec du vocabulaire, et qui je l'espère poussent les enfants à la curiosité.... (en plus, ça parle de dinosaures !)

Le monde perdu sous la mer, Arthur Conan Doyle : J'avais très peur que les deux histoires ne se ressemblent trop et du coup, ne m'intéressent pas. Grosse erreur de ma part, puisque si c'est aussi une histoire d'explorateurs, les deux récits sont bien différents. On est ici dans le monde marin, et on revisite une version de l'Atlantide, avec une touche de mythologie. Ca en fait un roman jeunesse aussi sympathique que le précédent à lire !

Après l'amour, Agnès Vannouvong : Un premier roman français, qui m'a attiré à cause de son thème. La narratrice se retrouve brusquement quittée par sa compagne, après des années de vie commune. Elle doit à présent se reconstruire, survivre à l'absence, apprendre à aimer de nouveau. En fait, c'est un récit à la fois beau et pourtant banal, qui m'a fait incroyablement plaisir dans sa banalité. Peu importe qui on aime, au final.

La décrue/Les pillards, Robin Hobb : La suite de la série des Anciens est agréable à lire, mais je maudis de tout mon coeur le découpage français. Les tomes sont très inégaux, et parfois un peu vides. Dans ces tomes-ci, nos héros arrivent enfin à la cité perdue de Kelsingra, et commencent à l'explorer. Les dragons deviendront-ils un jour de "vrais" dragons ? Suspens. Certains personnages font aussi enfin leur retour et me font souhaiter l'arrivée de la fin avec impatience, ça m'a l'air prometteur !




19 févr. 2014

La cabane de l'Aiguilleur, de Robert Charles Wilson


J'ai entamé et lu ce roman sans savoir qu'il s'agissait du premier roman de Robert Charles Wilson, qui a écrit le splendide Spin par la suite. Autant dire que je ne me suis pas rendue compte du tout de ce fait, qui marque certains textes.

Travis Fisher, une quinzaine d'années, se retrouve brusquement à devoir habiter chez sa tante, dans un coin perdu du Midwest. Et pour être là, il a intérêt à se rendre utile, soit à travailler pour son oncle, la moindre des choses. Seulement, son oncle et sa tante hébergent aussi Anna, une jeune fille silencieuse et bien mystérieuse.....

Nous avons aussi l'Os, qui semble être un vagabond avec une intelligence étrange, qui va de train en train, en luttant contre un mystérieux Appel.

Et de là, nous avons une histoire bien fichue. Travis doit tant bien que mal s'habituer à la vie dans un petit village où toutes les informations circulent, et surtout, faire face au surnaturel qui arrive dans sa vie sous la forme d'Anna. Il est difficile de ne pas s'attacher à ce personnage bien fait, et dont on comprend bien les réactions. Allez savoir comment vous réagiriez face à l'étrange, vous ?

La cabane de l'aiguilleur, Robert Charles Wilson, 1986.


A propos de l'auteur

Robert Charles Wilson est un auteur de science-fiction canadien. Californien, il immigre à l'âge 9 ans pour Toronto où il réside toujours actuellement avec sa femme et son fils. Il sera naturalisé canadien en 2007. 

Il s'est fait réellement connaître en France grâce à la parution de son roman de science-fiction "Darwinia" en 1999. Plusieurs de ses œuvres ont reçu des récompenses littéraires, dont la plus prestigieuse dans le domaine de la science-fiction, le prix Hugo, pour son roman "Spin" en 2006 (le roman marque le début d'une trilogie qui se poursuit avec "Axis" et "Vortex"). 

17 févr. 2014

Le choeur des femmes, de Martin Winckler


Jean Atwood est interne en chirurgie gynécologie, et souhaite se consacrer à la réparation des corps féminins par la suite. L'interne doit achever sa formation par un stage dans un service de "médecine de la femme", avec le praticien Franz Karma. 

Karma est le médecin qui laisse parler les patientes, les écoute énormément. Il s'occupe de ses patientes dont personne ne veut, de celles qui veulent une ivg, la stérilisation, un moyen de contraception efficace, dans une période où tous ces droits sont encore précoces. A l'opposé, Atwood ne rêve que de chirurgie, persuadé que les patientes ne font que se répéter, ne savent pas ce qui est bon pour elles, etc.

Vous l'aurez deviné, Atwood se révèle un personnage qu'il est difficile d'aimer au départ, malgré une narration à la première personne. Imbuvable, orgueilleux, pas franchement le gynécologue rêvé ! Mais en réalité, la narration de ce roman est difficile à définir, puisque ce sont plus les patientes qui parlent. Elles nous racontent leurs histoires souvent complexes et douloureuses, et leur rapport face au médecin tout-puissant.

Le choeur des femmes est un roman magnifique, un roman qui rappelle à tous que quelque soit notre profession et son prestige dans la société, nous sommes tous humains avant tout. Qu'un patient n'est pas simplement un numéro à faire passer le plus vite possible, qu'il n'est pas juste "le cancéreux en phase terminale", "l'adolescente qui s'est retrouvée enceinte", etc.

Ici, le roman n'est pourtant pas que médical. Toute une autre partie passionnante est centrée sur Jean Atwood, mais comme il me paraît difficile d'en parler sans spoiler, je m'en contenterai de vous dire que c'est un texte formidable.

Le choeur des femmes, Martin Winckler, P.O.L.

A propos de l'auteur

Marc Zaffran, né le 22 février 1955 à Alger, est un médecin français, connu sous l'unique pseudonyme de Martin Winckler, comme romancier et essayiste, évoquant souvent la situation du système médical français. Il est également critique de séries télévisées et traducteur. Son site : martinwinckler.com

Les Trois Médecins, de Martin Winckler



Il me faut vous avouer quelque chose d'honteux pour une libraire : Martin Winckler n'était pas un auteur que j'avais déjà eu l'occasion de parcourir, et son oeuvre m'était pratiquement inconnue. Et puis, à force d'entendre partout que c'était super, il a bien fallu se décider à voir ce qu'il en était par moi-même.

Ma première lecture de lui fut donc La Maladie de Sachs, et celui-ci le suivant. Apparemment commencer une série par la fin semble être récurrent chez moi. Les Trois Médecins se déroule 20 ans avant, au moment où Bruno Sachs, le héros, entame ses études de médecine, dans les années 70.

Pour les non-initiés en médecine comme moi, c'e'st l'occasion de découvrir un peu comment ça marche, la difficulté des premières années, le monde parfois impitoyable de la faculté, et surtout, on verra aussi tout une part de politique, avec le féminisme des années 70, la lutte pour l'avortement, et beaucoup d'autres évolutions de la médecine.

Roman à plusieurs voix, c'est juste passionnant. J'adore découvrir un univers totalement différent, et dont on n'a aucune conscience quand on n'est pas du métier, que ça soit la concurrence entre étudiants, la politique. On suit avec grand plaisir le quatuor formé de Bruno Sachs, André Solal, Basile Bloom, et Christophe Gray, tous différents, même si Bruno m'est plutôt antipathique.

Un très beau roman à découvrir, et que l'on devrait donner à lire à tout ceux et celles qui envisagent la médecine pour métier.

Les Trois Médecins, Martin Winckler, P.O.L, 2004.


A propos de l'auteur

Marc Zaffran, né le 22 février 1955 à Alger, est un médecin français, connu sous l'unique pseudonyme de Martin Winckler, comme romancier et essayiste, évoquant souvent la situation du système médical français. Il est également critique de séries télévisées et traducteur. Son site : martinwinckler.com

14 févr. 2014

D'acier, de Silvia Avallone



On imagine très souvent l'Italie comme un paysage de carte postale, encore plus dans la petite île de Pombinio, aux allures paradisiaques. Seulement voilà, un décor comme ça n'est pas toujours aussi agréable qu'on le voudrait. Pombinio, comme le reste de l'Italie, est en proie à la crise, et pour les jeunes qui y vivent, difficile d'imaginer autre chose qu'un avenir peu reluisant à l'acierie.

Et pourtant, Anna et Francesca, jeunes adolescentes, sont les reines de la cité et rêvent de gloire, d'être écrivain ou mannequin, et profitent de leur jeunesse sur l'île. Amies fusionnelles qui ont juré de ne jamais se séparer, elles doivent faire face à la vie et aux difficultés, trouver leur place sur cette île.

Les deux jeunes filles, comme tout personnage adolescent qui se respecte, sont à la fois atrocement agaçantes, avec leurs préoccupations, et attachantes. Les personnages masculins, peu présents, ne sont pas franchement agréables. Pour les deux pères, l'un est un fuyard qui ne réapparaît que de temps à autre, l'autre bat femme et enfant, et espionne le corps de sa fille à la lunette.... Quand à Alessio, l'aîné d'Anna, malgré un côté apollon parfois très irritant, il est un personnage touchant quand à ses doutes, son avenir déjà brisé par l'aciérie.

Silvia Avallone signe ici un roman social absolument sublime. On est en plein dans les années 2000, en pleine crise économique, et elle nous le fait bien sentir. On nous parle de ces jeunes qui ne voient pas d'avenir, qui ne peuvent pas réellement rêver, de cette obsession de la beauté, et des ces amitiés très fortes qui sont une part de l'adolescence, de la découverte de la sexualité et de l'amour.

Une des choses que je ne m'attendais pas à trouver ici était la sensualité dégagée par ce roman. Oui, le terme est étrange pour un roman, et pourtant.... On nous décrit très souvent la beauté de ces deux filles, leurs corps d'adolescentes canons, bronzées, et bizarrement, ça donne une certaine sensualité au texte. L'écriture est fluide, et vous happe dans le roman avant que vous n'ayez le temps de dire ouf. Alors, Viva Italia ?

D'acier, Silvia Avallone, J'ai Lu, 2013.


A propos de l'auteur

Silvia Avallone est née à Biella le 11 avril 1984. Elle poursuit des études de lettres et de philosophie à Bologne. Son premier recueil de poésie, Il libro dei vent’anni, paraît en 2007. Elle écrit également des nouvelles, éditées dans des revues littéraires.
D'acier (it) (Acciaio), son premier roman, est édité en 2010 par Rizzoli. L'action se déroule à Piombino, une ville ouvrière de Toscane où l'auteure a vécu. Il remporte le prix Campiello Opera Prima et est finaliste du prix Strega. En France, traduit chez Liana Levi par Françoise Brun, il reçoit le prix des lecteurs de L'Express 20114. L'adaptation cinématographique du roman est réalisée par Stefano Mordini. En 2012, le film est présenté à la Mostra de Venise.

8 févr. 2014

Seigneurs de l'Olympe, de Javier Negrete


Pour être honnête, l'auteur ne me parlait absolument pas à la base, inconnu au bataillon. Et puis, aux Utopiales 2012, j'ai eu l'occasion de l'entendre en conférence et son oeuvre m'a attirée. Puisqu'il était présent, c'était l'occasion ou jamais d'en profiter. Ce roman a mis du temps avant de sortir de la PAL, mais n'en est pas sorti à regret.

J'en parle rarement, mais la mythologie grecque est quelque chose que je trouve passionnant et qui m'a même amené à faire deux ans de grec ancien au lycée. Aussi, un roman qui en parle pouvait difficilement faire autrement que d'attirer mon attention.

Les divinités grecques et les humains ne s'entendent pas toujours à la perfection, et pour Zeus, c'est l'heure d'un conclave destinant à entendre les doléances des autres dieux, sauf que la réunion est interrompue avant même d'avoir commencée.... Zagreus, neveu de Zeus, a été assassiné par un certain Python, créature dont on ne sait pas vraiment pas ce qu'elle est.... Zeus va devoir faire face à ceux qui tentent de lui voler son trône et de régner sur les divinités.

Tout d'abord, il faut admettre que ma connaissance des mythes grecs est assez lointaine, tout comme ma lecture, et je serais donc bien incapable de vous dire ce qui est vrai et ce qui est déformé par l'auteur pour les besoins de la narration. En attendant, on découvre les personnalités du panthéon divin, pas toujours comme on l'imagine...

L'auteur nous livre ici une intrigue agréable et bien ficelée, un sujet passionnant (d'accord, peut-être juste pour moi), bref, tous les éléments pour avoir un bon roman à lire ! Il ne reste plus qu'à espérer pour ma part que mon chemin croisera de nouveau la route de cet auteur !



Seigneurs de l'Olympe, L'Atalante, Javier Negrete, 21 €

A propos de l'auteur

Javier Negrete est né en 1964, à Madrid.
Il partage son temps entre son activité de professeur de grec et l’écriture. Son premier roman publié en France en 2002, Le regard des furies (La mirada de las furias, 1997) a suscité un vif intérêt.
Son second roman, Le mythe d’Er ou le dernier voyage d’Alexandre le Grand (El mito de Er, 2002), paru en France en 2003, change totalement de cadre. Fantasy historique et voyage extraordinaire, cet ouvrage tent aussi vers l’uchronie. Le mythe d’Er a obtenu le Prix Bob Morane 2004 en catégorie roman étranger.

6 févr. 2014

Le bureau des atrocités, de Charles Stross



Il n'est pas certain que ce livre aurait atterri chez moi sans l'intervention d'une bonne âme conseillère, qui l'a tout simplement mis dans mes mains en me disant "c'est génial". Soit. Le nom de l'auteur ne me disait rien, la quatrième de couverture a parlé. Services secrets, enquêtes, Londres, ok, vendu !

Naturellement, en bon fan de SF, vous savez tous que l'Histoire apprise à l'école n'est qu'un leurre pour cacher la triste vérité, n'est-ce pas ?  Bob Howard, informaticien, travaille pour la Laverie, le service secret le plus secret des services secrets britanniques. Sa mission s'il l'accepte : sauver un chercheur auquel s'intéressent d'un peu trop près des terroristes qui rêvent d'ouvrir l'accès à d'autres mondes terrifiants.

Je pense que vous l'avez déjà compris, mais nous avons ici un roman complètement déjanté, avec un personnage principal qui colle parfaitement au cliché du geek hacker qui a voulu pirater la mauvaise base de données et qui s'est retrouvé catapulté agent secret, le tout sans qu'on lui demande son avis. Un personnage sympathique qu'on suit avec plaisir même s'il tente parfois de perdre le lecteur à travers des théories mathématiques complexes (la thaumaturgie mathématique, vous connaissez ?).

Une chose est sûre en sortant de ce livre : l'administration britannique est très probablement un aspect non négligeable de l'Enfer. La preuve en est ce pauvre Bob qui doit justifier chaque dépense faite pour sauver le Monde (ben oui, faut pas déconner quand même, les notes de frais, c'est vital, tout le monde le sait !), entre autres. 

Une chose à noter est que ce roman n'est pas réellement un roman, en fait deux nouvelles plutôt longues et dont l'intrigue n'est pas en rapport, même si on a toujours notre cher Bob en personnage principal.

Si vous aimez les bouquins complètement déjantés comme moi, Le Bureau des Atrocités est tout bonnement fait pour vous. Si vous pensez qu'on ne nous dit pas tout, et que les complots sont partout, la même. Fans de Lovecraft, pareil. En bref, un gros de cœur pour ce roman qui m'a fait mourir de rire et passionnée.

Le bureau des atrocités, 2009, Charles Stross.



A propos de l'auteur

Charles David George Stross, né à Leeds le 18 octobre 1964, est un écrivain britannique résidant à Édimbourg. Son œuvre navigue entre science-fiction, horreur et fantasy.
Charles Stross publie sa première nouvelle, The Boys, dans Interzone en 1987. Son premier roman, Crépuscule d'acier (Singularity Sky) fut publié par Ace en 2003 et décrocha une nomination pour le prix Hugo du meilleur roman. Un recueil de nouvelles Toast: And Other Rusted Futures est publié en 2002, dont plusieurs seront nominées pour les prix Hugo et Nebula. La nouvelle La Jungle de béton (The Concrete Jungle), publiée dans le recueil Le Bureau des atrocités, remporte le prix Hugo du meilleur roman court en 2005. Son roman Accelerando remporte le prix Locus du meilleur roman de science-fiction en 2006. Son roman The Apocalypse Codex a obtenu le prix Locus du meilleur roman de fantasy 2013.

3 févr. 2014

Le bleu est une couleur chaude (BD et film)




Bon, je vais commencer par admettre une chose très importante : je suis amoureuse de cette BD. Voilà. Il est assez rare qu'elles croisent mon chemin, et pourtant, celle-ci a réussi à me toucher et à m'émouvoir. Julie Maroh nous raconte l'histoire de Clémentine et d'Emma, à travers un journal intime.

Vous me direz certainement qu'il s'agit d'une histoire d'amour comme une autre, et vous auriez presque raison. Presque, parce que cette BD aborde ici aussi le sujet de la découverte de son orientation sexuelle, l'acceptation parfois difficile, tout comme le rejet. On peut imaginer qu'un tel rejet des parents et de la famille est inconcevable, et pourtant, les choses peuvent être bien loin de se passer comme on le voudrait.

Autant le dessin de la nouvelle bd de Julie Maroh me plaît moins, autant celui de celle-ci m'a énormément plu. Je suis en revanche bien incapable de vous dire pourquoi, la faute sans doute à "la bd c'est une histoire de sensibilité entre elles et moi".

Le bleu est une couleur chaude, Glénat, Julie Maroh, 15.90 €


A propos de l'auteur

Julie Maroh, née en 1985 à Lens1, est une auteure de bande-dessinée française. Elle est, entre autres, l'auteure du roman graphique Le bleu est une couleur chaude, lauréat du Prix du Public au Festival d'Angoulême 2011.





Vous avez pu voir plus haut que j'ai adoré la BD, vous imaginez donc sans peine ma joie en apprenant qu'elle serait adaptée au cinéma. Et puis, on a commencé à avoir quelques échos parlant d'un tournage difficile, et d'actrices principales qui refusaient de tourner avec Kechiche à l'avenir. Quelques avis négatifs de connaissances plus ou moins proches ont achevé de doucher mon enthousiasme, mais ne m'ont pas dissuadée d'aller le voir pour me faire un avis sur la question de mes propres yeux.

Pour commencer, la façon de tourner m'a déplu., toujours fixée sur les visages, très désagréable. Ensuite, nous avons cette manie de se fixer sur Adèle, sur sa façon de manger, sur son corps, et ce en permanece. Qu'on ait un plan sur son postérieur en train de partir à l'école, c'est bien gentil, mais où est l'utilité ? Et que dire des scènes à table ? Qu'est ce que le spectateur en a à faire de voir le personnage manger ? Et la masturbation, que vient-elle faire là dedans ?

D'ailleurs, les scènes de sexe, parlons-en. Je n'ai jamais été contre leur apparition dans les films, au contraire, il en faut. En revanche, 10 minutes sur une scène de sexe, ça ne sert à rien du tout. Tout comme une scène de sexe explicite. A part donner l'impression au spectateur d'être un voyeur, ou, encore mieux, devant un film porno.

Au niveau des actrices, si Léa Seydoux arrive bien à m'émouvoir, Adèle Exarchopoulos m'agace. Ceci dit, il est tout à fait probable que l'agacement soit du à l'abondance de scènes avec son visage, et non pas à sa performance.

L'histoire en elle-même est assez bien rendue, mais je regrette vraiment que le côté acceptation ne soit pas plus marqué que ça. Le film se contente de nous montrer qu'Emma et Adèle ne viennent pas du tout des mêmes milieux sociaux, en omettant toute la partie de l'acceptation auprès des familles.

Pour terminer sur une note positive, que ce soit pour la BD ou pour le film, ils ont tout deux permis la visibilité des couples homosexuels, et rappellent qu'il s'agit avant tout d'un couple, tout simplement.

La vie d'Adèle, réalisé par Kechiche, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, 2013.

23 janv. 2014

Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh



Il me semble avoir entendu parler de la série Quatre soeurs pour la première fois par ma collègue qui s'occupait à ce moment-là du rayon des romans ado, juste avant qu'il n'arrive chez moi. Une discussion plus tard avec une amie qui l'avait dans sa librairie, et me voilà partie avec ainsi qu'avec d'autres romans pour ado, déjà à moitié convaincue étant donné que c'est publié à l'Ecole des Loisirs. Vous ai-je déjà parlé de cette maison d'éditions ? Non ? Ils éditent des livres pour la jeunesse (les fameux Père Castor et Lutins poche, ce sont eux), et j'ai eu l'occasion d'en lire pas mal adolescente et adulte, et de les apprécier, même s'il s'agit toujours de romans contemporains totalement dépourvus d'imaginaire. En plus, ce sont eux qui publient Marie-Aude Murail, l'incontournable.

Bref, parlons un peu de ce livre-ci au lieu de s'éparpiller. Les soeurs Verdelaine sont cinq et vivent comme elles peuvent depuis le décès de leurs parents dans un accident de voiture, sous la houlette de l'aînée, Charlie, 22 ans. A travers les voix d'Enid, Hortense, Bettina et Genevieve, on  suit leur quotidien à la Vill'hervé, entre histoires d'amour, d'amitiés, querelles entre soeurs, et bien d'autres encore. Comment ne pas succomber à ce très beau roman ? Parce bon, oui, nous aussi on l'a eue, cette soeur qui passe des heures dans la salle de bains, la/le plus jeune qui nous enquiquine avec ces histoires un peu farfelues, et tant d'autres choses de l'enfance.

Ajoutez à ça de très belles aquarelles en guise de couverture (sur les tomes individuels), et vous ne pourrez qu'approuver. Chaque tome suit une soeur, et tout le monde trouvera facilement à qui s'identifier. De plus, sachez que la saga a été adapté en BD (deux tomes sortis à ce jour) qui sont aussi très agréables à parcourir. Une série de romans à faire lire dès 11 ans.

Quatre soeurs, Malika Ferdjoukh, 19€, Ecole des Loisirs, 2013.


A propos de l'auteur 

Malika Ferdjoukh est née en 1957 à Bougie en Algérie. Ce qui explique le "h" final à son nom (quand on l'oublie, elle a horreur de ça!), et sa collection de chandelles. Elle vit à Paris depuis sa petite enfance. Elle a séché quelques films à la Cinémathèque pour suivre des cours à la Sorbonne. On peut dire qu'elle est incollable sur le cinéma américain, ses dialogues fameux et ses distributions pléthoriques, du western au polar noir, mais son genre adoré reste la comédie musicale dont elle est capable de chanter à tue-tête les airs les plus improbables. Elle écrit des séries pour la télévision.

19 janv. 2014

L'arcane des épées, de Tad Williams




Si vous êtes un lecteur "récent" de fantasy, il est probable que vous ne connaissiez pas cette série éditée en France dans les années 90. Cette saga de fantasy fait partie de mon adolescence, et c'est avec une immense joie que j'ai pu la redécouvrir à l'occasion de sa sortie en trois intégrales (elle est sortie en 8 volumes à la base).

Simon est un orphelin du château Hayholt, demeure de Jean Presbytère, roi d'Osten Ard, marmiton de son état. Le jeune garçon deviendra par la suite l'apprenti du docteur Morgénès, qui lui apprend à écrire. Mais une ombre grandit dans le royaume, et avec la mort de Jean Presbytère de vieillesse, la succession s'annonce difficile, d'autant plus qu'Ineluki, roi de l'orage, veut la destruction de l'humanité.....

Oui, bon, d'accord, le pitch de base nous fait penser à de la bonne vieille fantasy sans rien de bien original. Et effectivement, ce n'est pas la série la plus originale du monde, de loin. Mais les personnages sont travaillés, on a un style direct et efficace, et franchement c'est un pur plaisir de voir enfin une saga de fantasy avec un orphelin qui est très loin d'être un héros, qui passe un temps fou à se plaindre, parce bon, la vie n'est pas facile, une princesse trop arrogante et pas nunuche, mais qui en payera le prix, et une mention spéciale pour Binaquebik, le troll des montagnes qui semble invariablement de bonne humeur.

On trouve là un monde construit, qu'on découvre avec grand plaisir, une intrigue intéressante, et très franchement une saga très agréable qui se lit toute seule ou presque. Un petit article pour une grande saga, à qui il est dommage de ne pas laisser sa chance.

L'arcane des épées, réédité en 3 volumes chez Pocket, Tad Williams, 2012.


A propos de l'auteur

Robert Paul Williams, dit Tad Williams (né le 14 mars 1957 à San José) est un auteur américain de romans de science-fiction et de fantasy. Il est notamment l'auteur des cycles L'Arcane des épées et Autremonde.
Il eut une enfance sans histoire, puis est devenu chanteur et parolier d'un groupe rock, illustrateur et cartooniste, présentateur de radio et de télé, employé d'Apple et fondateur d'une compagnie de production de télé interactive. C'est à vingt-cinq ans qu'il commence à écrire La Ligue du Parchemin.
Il a écrit aussi La Guerre des fleurs1, et qui se place dans une réalité parallèle où vivent créatures féeriques en tout genre.

6 janv. 2014

1,2,3,4, joyeux bloganniversaire !



Tout d'abord, j'espère que vous avez tous passé de bonnes fêtes de fin d'année, et surtout qu'une merveilleuse année livresque vous attend !


Et oui, aujourd'hui, ce petit blog a 4 ans ! Qui l'aurait cru ? Certainement pas moi, étant donné la baisse de billets de cette année... Mais tout n'est pas encore perdu, nous ne renoncerons pas ! Bon, d'accord, 2013 fut une année chaotique, que ce soit au niveau du blog ou de ma vie privée, ce qui n'a certainement pas aidé à maintenir le bateau à flot.

Ceci dit, 2013 a aussi été marquée d'un déménagement, et surtout, d'un référencement complet de mes bouquins et d'un allègement de ma PAL (avec même un début de "Kill my PAL). Mon merveilleux outil m'apprend donc que je suis en possession de 659 ouvrages, dont 127 non lus. Gloups.

Mon nombre de billets à l'année est trop ridicule pour être mentionné, mais sachez que le maigre total de 48 livres a été chroniqué, et que 39 autres attendent patiemment leur tour d'avoir un petit mot par ici. Gloups bis. Tout comme l'an dernier, je n'ai pas le nombre exact de mes lectures en tête, mais étant donné que je lis actuellement au minimum 2 livres par semaine, il est probable qu'il tourne comme l'an dernier entre 100 et 120.

Du coup, pour 2014, on va essayer de prendre quelques bonnes habitudes. La première, noter consciencieusement tous mes emprunts du travail, histoire d'avoir un compte exact pour une fois. La seconde sera d'écrire pour chaque livre lu quelques mots/lignes, et ce le plus rapidement possible après l'avoir achevé, histoire de pouvoir faire un article assez rapidement par la suite. La troisième sera d'éliminer d'ici janvier ces fichues 39 chroniques en attente. Enfin, pour la dernière, on reste dans le thème du "Kill my PAL", puisque l'objectif sera de la faire baisser considérablement cette année, quitte à refaire du tri.

Pour finir, quelques titres marquants de cette année :

2 janv. 2014

Feuilles fin 2013



Série des Jack Caffery, Mo Haider (Birdman, L'homme du soir, Rituel, Skin, Fétiches) : Oui, je sais, vous pouvez me traiter de feignasse. Mais c'est assez difficile de parler de polars sans en dévoiler franchement l'intrigue, et gâcher le plaisir. Birdman est un ouvrage que j'avais lu au printemps, afin de préparer une opération polars. Soyons franc, c'est un polar très trash, mais qui remplit parfaitement son office de page-turner qu'on ne quittera plus jusqu'à la toute fin quitte à le terminer à trois heures du mat'. Et quand me vint une nouvelle envie de polars, j'en ai profité pour me faire toute la série. Jack Caffery est un inspecteur assez classique, torturé, qui a ses défauts comme ses qualités, qu'on verra sous différents angles qui le rendent profondément humain. Le cycle verra apparaître un second personnage important, Fléa, bien développé également. Les intrigues sont bien menées, c'est bien écrit et franchement très agréable. Une série de polars pour tous ceux et celles qui ne craignent pas le trash cependant, l'auteur ne nous épargne pas :)

Tancrède, Ugo Bellagamba : Cet auteur ne m'avait pas franchement enthousiasmée lors de ma première rencontre avec le double corps du roi, mais il me paraissait assez juste de retenter ma chance avec un ouvrage ayant plus de chances de me plaire, une uchronie. L'histoire se déroule au Moyen-Age, au temps des croisades, et c'est franchement intéressant. Rares ont été jusqu'à lors les occasions de me documenter réellement sur cette période, et ce fut un vrai plaisir de les découvrir en compagnie de Tancrède. Le personnage est bien fichu, et l'auteur semble bien documenté, même si le tout n'a pas réellement réussi à me toucher.

Trois grands fauves, Hugo Boris : Ce bouquin faisait partie de la sélection finale pour le prix du roman Fnac, et comme il m'intéressait, il fut lu. L'auteur nous trace le portrait de trois grands hommes, à savoir Danton, Hugo, et Churchill, et surtout, il s'intéresse à leur rapport à la vie et à la mort. Une belle occasion de réviser leurs biographies et d'apprendre de nouvelles choses à leur sujet. Roman bien sympathique à lire, et accessible même avec peu de notions d'histoire !

La maison des chagrins, Victor Del Arbol : On m'avait vendu ce polar comme étant bon, c'est du Actes Sud, et bon, rappelons-le, j'aime souvent ce que fait cette maison d'éditions. Et pourtant, quelle déception dans ce polar qui n'en mérite pas vraiment le nom ! C'est long, l'intrigue met une éternité à se mettre en place, ça se traîne, et pour ma part il a fallu lutter pour ne pas abandonner la lecture. Pourtant, une fois l'intrigue là, ça n'est pas si mal, mais le rythme est définitivement trop lent pour moi.

After Dolores, de Sarah Schulman : Ce roman traînait dans ma PAL depuis une éternité, au point que je ne me souvienne même plus comment il est arrivé là. Mais il faut croire que certains livres attendent leur heure patiemment, et ce fut le cas ici. Tout d'abord, il est important de signaler que s'il est sorti en 2008 en France, il a a été écrit dans les années 80, et n'est donc pas des plus "modernes". On a ici une sorte de polar, ou plutôt de roman noir, d'exploration de l'univers lesbien new-yorkais, à travers le personnage d'une serveuse qui vient de se faire plaquer par Delores. Elle nous entraîne avec elle dans son périple, dans sa tristesse et sa douleur. Roman qui exclut presque totalement les hommes, passionnant, et qui finalement, nous montre surtout la douleur d'une rupture.

L'échange des princesses, de Chantal Thomas : Encore un texte historique me direz-vous ! Et oui, cette fois-ci, nous suivons les histoires de Mademoiselle de Montpensier et de l'Infante d'Espagne, qui seront "échangées" en vue de mariages. Ca rappelle plutôt bien les intrigues politiques de l'époque, les difficultés d'intégration qui peuvent survenir, et bien évidemment les difficultés des mariages arrangés. Roman sympathique, sans être exceptionnel.

Le rire du grand blessé, Delphine Coulon : Ce bouquin de la rentrée littéraire m'intriguait, j'ai vu passer quelques articles sur lui, et c'était parti pour ce qui s'est révélé être un bouquin de SF. Dans ce monde, pas d'extraterrestre ou autre, non, juste l'absence de lecture. Les livres ont disparu. Intéressant, n'est ce pas ? Je n'en dis pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue, mais ce roman est franchement bien fichu même si très court, un peu dans la veine de Fahrenheit par exemple.

Fugitives, Alice Munro : Il m'a paru assez logique de tenter ma chance avec le Nobel de cette année, et mon choix s'est porté sur ce recueil de huit nouvelles. Elles portent toutes sur la fuite de femmes, de différentes manières. Un recueil intéressant, mais qui ne m'a pas marqué pour autant, une écriture agréable, sans plus. Ceci dit, les nouvelles n'étant pas forcément ce que je préfère, il est probable que cet ouvrage parle plus aux amateurs de textes courts.

Les mutilés, Marianne Vic : Ce roman-ci m'avait paru prometteur en le voyant arriver à la rentrée littéraire, avec un sujet intéressant, à savoir une famille marquée par les drames de l'histoire, une héroïne qui vit tant bien que mal, avec une soeur amputée de ses membres. Les éléments sont réunis pour un récit sombre et intrigant, mais allez savoir pourquoi, la magie n'a pas fonctionné avec moi. Des difficultés à m'identifier à la narratrice, et un roman peut-être un peu trop âpre à mon goût. 

L'écorchée, Donato Carrisi : Mila Vasquez is back ! Souvenez-vous, c'était le héros du Chuchoteur, thriller superbe sorti en 2010. Impossible pour moi de rater cette suite qui n'en est pas réellement une, puisqu'au final, même si l'on retrouve la même enquêtrice, les affaires sont elles différentes. Vous trouverez ici un polar extrêmement sombre, désespérément pessimiste, et qui marche merveilleusement bien. Un plaisir à lire qui se dévore très rapidement.

Le soleil à mes pieds, Delphine Bertholon : Encore un titre de la rentrée littéraire de cette année ! L'auteur a fait pas mal couler d'encre par son précédent roman, Grâce, et un concours de circonstance m'a permis d'en découvrir son dernier-né. Nous avons la Grande, une nymphomane tyrannique, très attirée par la mort, qui gouverne sa jeune soeur, la Petite, jeune femme effacée et timide, toutes les deux victimes d'une enfance et d'une vie chaotique. Tout d'abord, il est important de préciser que ce roman vous mettra très probablement mal à l'aise. Nous entrons de plein fouet dans l'univers fermé et meurtrie de la Petite, qui survit, qui refuse de sortir de sa chambre telle un cocon protecteur, et la violence désespérée de la Grande. Ne vous méprenez pas : à mon sens, ce roman est superbe, servi par une écriture très belle, et qui est très franchement à découvrir. En tout cas, je compte continuer à explorer l'oeuvre de l'auteur.

No pasaran le jeu, Christian Lehmann : Ma mémoire me joue peut-être des tours, mais il est à peu près certain que ce roman est en fait une relecture, puisqu'il est sorti en 1996. On parle là d'un sujet tout à fait approprié aujourd'hui, à savoir les jeux vidéos, et plus précisément leur addiction, à travers un trio d'adolescents qui vont découvrir un jeu fantastique, qui leur fera découvrir des guerres, et mais est-ce vraiment un simple jeu ? L'auteur nous parle ici de cette violence quotidienne relayée par les médias, devenue banale, et de la violence en général. Vous trouverez là un roman très violent, parfois écoeurant, mais qui constitue à mes yeux un très bon livre de littérature adolescente. 

Réseau(x), Vincent Villeminot : Ma collègue m'a vanté la précédente série de l'auteur, Instinct, et c'est donc tout naturellement que j'ai profité de la sortie de son dernier ouvrage. Nous sommes ici dans un futur proche, où les réseaux sociaux ont pris une influence folle sur la vie, et où d'étranges vidéos ressemblent fortement à des rêves postés sur le web.... Snuff-movies ou simples vidéos ? Lu avec plaisir mais sans y accrocher réellement, ce thriller est clairement un roman puzzle, à la multitude de personnages, très intéressants, et qui plaira sans souci à des adolescents comme à des adultes.

The body finder, Kimberly Derting : Un roman pour adolescents qui démarre avec une héroïne capable de sentir les morts, ça démarre plutôt bien, vous ne trouvez pas ? On a des personnages assez bien faits, un peu d'enquête, cependant ça reste un tome de démarrage. Un roman young adult plutôt sympathique.