18 avr. 2013

Du sel sous les paupières, de Thomas Day



Auteur : Thomas Day - Illustrateur : Aurélien Police
Editeur : Gallimard - Parution : 2012
ISBN : 9782070443093 - Prix : 7.50 €


Ressenti

Il est probable qu'en temps normal, je n'aurais pas lu ce livre dont la quatrième ne m'inspirait pas plus que ça. Mais le hasard a voulu qu'on me l'offre (n'est ce pas Tigger Lilly), et puis finalement, la perspective de passer quelques heures en compagnie de Judicaël à Saint-Malo était plaisante.

L'ennui, c'est qu'il m'a été difficile d'accrocher réellement à ce texte. C'est dit dès le départ, ce roman est dédié au fils de l'auteur. Peut-être aurais-je du à ce moment-là me méfier quelque peu et m'attendre à un livre plus jeunesse qu'on pouvait le croire, puisque, malheureusement, il se trouve que je suis personnellement difficile en littérature jeunesse, et le young-adult a la particularité de me décevoir trop souvent.

Pourquoi me direz-vous ? On a un récit fantastique, qui part sur la mythologie celte, le tout en mêlant l'ambiance de la Grande Guerre. L'ennui, c'est qu'on a aussi plusieurs éléments intrigants (à commencer par la brume de guerre), qui ne seront finalement pas expliqués, ni vraiment exploités. Pourquoi les avoir placés dans le récit ? Tout comme la partie sur la révolution irlandaise, qui pouvait laisser entendre un rôle plus important par la suite, mais non.

Cependant, il serait mentir que de dire que le moment passé avec ce roman fut terrible, loin de là. L'ambiance celte et marine de Saint-Malo a tout pour me plaire, tout comme les personnages qui se révèlent attachants, et finalement assez complexe, notamment la jeune Mädchen. Ce fut un plaisir de se laisser immerger dans l'ambiance créée par l'auteur, bien loin de la violence d'autres de ses textes.

Au final, c'est un roman qui à mon sens a un potentiel qui me semble sous-exploité. Peut-être serait-ce mieux passé s'il avait été publié en version jeunesse dans mon cas.


A propos de l'auteur

Né en 1971, Thomas Day s’est imposé en quelques années comme l’un des auteurs les plus passionnants de l’imaginaire francophone, au fil d’une cinquantaine de nouvelles et d’une douzaine de romans qui tous se caractérisent par une propension avouée au mélange des genres : L’école des assassins et Le double corps du roi, écrits en collaboration avec Ugo Bellagamba, L’instinct de l’équarrisseur, La Voie du Sabre (prix Julia Verlanger 2003) et sa suite L’Homme qui voulait tuer l’empereur, La cité des crânes, Le trône d’ébène (prix Imaginales 2008), Dæmone, La maison aux fenêtres de papier et, dernier en date, Du sel sous les paupières.

14 avr. 2013

Virgin suicides, de Jeffrey Eugenides



Auteur : Jeffrey Eugenides - Traduction : Marc Cholodenko
Editeur : Points - Parution : 2010
ISBN : 9782757820056 - Prix : 6.70 €


Ressenti

Parfois, un auteur vous surprend (dans le bon sens du terme), avec l'un de ses romans. Souvent, dans ce cas, l'envie me vient d'explorer sa bibliographie. C'est ce que je fais actuellement avec Russell Banks, et ce que j'ai entamé avec Jeffrey Eugenides, dont le dernier roman (Le roman du mariage) m'a beaucoup impressionnée.

Heureusement pour ma PAL, Eugenides n'est très prolifique pour le moment, et n'a donc que trois romans à son actif, et je viens de terminer sa biblio avec Virgin Suicides. Avant de parler du livre, précisons tout de même que je n'ai pas vu le film adapté du livre par Sofia Coppola.

Nous sommes dans les années 70, en Amérique, et un narrateur inconnu parle, au pluriel. On nous suggère que ce sont des jeunes voisins, des camarades de classe (masculins) qui parlent d'une famille. Plus précisément, de la famille Lisbon, de leurs cinq filles. Le roman s'ouvre sur l'arrivée d'ambulanciers, on nous apprend que la plus jeune des soeurs, Cécilia, 13 ans, vient de tenter de se suicider.

Tout au long du récit, les narrateurs nous raconteront l'histoire de cette famille, sur un peu plus d'un an, famille que l'on voit se désagréger au fil du temps. Les soeurs vont chacune évoluer à leur manière, être cloîtrées dans leur propre maison, et finalement, mettre fin à leurs jours.

Il est parfaitement compréhensible qu'un drame comme celui-ci soit terrifiant, et le roman tente d'exploiter le "pourquoi ?" qui touche probablement chaque personne ayant connu un-e suicidaire. Pourquoi fait-on ça ? Quand la vie devient-elle si atroce que la seule solution devient d'en finir ? Qu'ont fait les parents pour essayer d'empêcher ça ? Sont-ils coupables ? Est-ce la société qui est en cause ?

Les différents personnages sont intéressants, on nous dépeint des adolescents variés, des histoires d'amour, et au final, le roman se transforme en une quête désespérée du pourquoi.

Pour moi, c'est là que le bât blesse. L'intention est louable, c'est certainement intéressant, mais ça ne parvient pas à me toucher. Le suicide est une affaire personnelle, et même si c'est affreusement blessant pour les proches, dans une bonne partie des cas, on ne sait pas et on ne saura jamais ce qui pousse réellement à l'acte. Ce premier roman est sans doute bon, et intéressant pour certaines personnes, mais il est criant de vide pour moi. Pour être honnête, il souffre aussi probablement (dans mon cas) de la comparaison avec ses deux autres livres.


A propos de l'auteur

Jeffrey Eugenides, né dans le Michigan en 1960, a écrit son premier roman, "Virgin Suicides", en 1993. Il a été adapté au cinéma avec succès par Sofia Coppola en 1999. Son deuxième roman, "Middlesex", a reçu le prix Pulitzer en 2003.