25 févr. 2012

Love & Pop, de Ryu Murakami



Auteur : Ryu Murakami - Traducteur : Sylvain Cardonnel
Editeur : Picquier - Parution : Août 2011
ISBN : 9782809702842 - Prix : 7 €


A propos de l'auteur

Ryū Murakami, de son vrai nom Ryūnosuke Murakami, né le 19 février 1952 à Sasebo (Préfecture de Nagasaki) est un écrivain et cinéaste japonais (sans lien de parenté avec Haruki Murakami).
Il est le prolifique auteur d'une trentaine de livres dont les plus célèbres sont ses premiers romans, Bleu presque transparent (prix Akutagawa en 1976, vendu au Japon à un million d'exemplaires en six mois), qui retrace quelques jours de la vie d'un groupe d'adolescents, entre sexe, drogue et rock, Les Bébés de la consigne automatique (1980) et Parasites. Il a également reçu le prix Yomiuri en 1998 pour Miso Soup.


Résumé

Murakami étudie ici une forme de prostitution propre au Japon, à savoir des rendez-vous galants rémunérés, ou une forme de téléphone rose, abondamment pratiquée par les adolescentes.


Ressenti

"Tu m'aimes combien ?" Voilà comment on pourrait décrire en premier lieu cet ouvrage très particulier.

Nous sommes avec Yoshii Hiromi, adolescente japonaise, issue d'un milieu moyen. Sauf que notre jeune fille veut s'offrir une bague, une topaze, sans en avoir l'argent. Le moyen idéal pour une jeune japonaise de se faire un peu d'argent rapidement ? Des rendez-vous rémunérés. Peut-on réellement qualifier ça de prostitution ? La question est difficile, d'autant plus que certains cas, il s'agit "simplement" de tenir compagnie à un homme, autrement dit, pour lui d'acheter l'affection d'une fille.

Peut-on vraiment dire qu'il s'agit d'un roman ? A mes yeux, il s'agit plus d'une sorte d'étude que l'auteur a faite et romancée ensuite. La forme est en conséquence très étrange, puisqu'il n'a pas hésité à mêler des morceaux de conversations externes à l'histoire, des conversations téléphoniques, comme un chapitre des annonces laissées par les hommes.

Un petit roman dépaysant ? Totalement. Mais aussi qui pousse à la réflexion malgré sa forme étrange. Une belle première découverte pour moi de cet autre Murakami !

19 févr. 2012

Une bonne raison de se tuer, de Philippe Besson



Auteur : Philippe Besson
Editeur : Julliard - Parution : Janvier 2012
ISBN : 9782260020035 - Prix : 19 €


A propos de l'auteur

Philippe Besson, auteur, entre autres, de L'Arrière-saison, de La Trahison de Thomas Spencer et de Retour parmi les hommes est devenu un des écrivains incontournables de sa génération.
Ses romans sont traduits dans dix-neuf langues. Son frère, publié en 2001, a été adapté dans la foulée par le réalisateur Patrice Chéreau. Un homme accidentel sera adapté, également pour le grand écran, par Rodolphe Marconi courant 2012 avec Mélanie Laurent. Philippe Besson a par ailleurs écrit le scénario de Mourir d'aimer (2009), interprété par Muriel Robin, de La Mauvaise rencontre (2010) avec Jeanne Moreau, du Raspoutine, de Josée Dayan, en tant que coauteur, interprété par Gérard Depardieu, de Nos retrouvailles (2012) avec Fanny Ardant et Charles Berling, et du Livre de Paul, le prochain film de Laure Duthilleul, avec Michel Piccoli, qui sortira sur les écrans en 2012.


Quatrième de couverture

"Je n'ai pas eu le choix, pardon."


Ressenti

J'ai découvert l'auteur l'an dernier, à la même époque, à l'occasion de la sortie de son avant-dernier livre, Retour parmi les hommes, et ça m'avait suffisamment plu pour tenter ma chance avec celui-ci.

Le titre donne la couleur, si vous ne souhaitez pas entendre parler de suicide, lire un roman qui pousse plutôt à déprimer qu'à rire, vous pouvez passer votre chemin. Les autres, je vous invite à entrer dans ce livre avec moi.

En alternance, nous allons suivre deux personnages, Laura, mère de famille aux enfants devenus grands, et Samuel, qui vient de perdre son fils. Tous deux sont confrontés au suicide, de deux manières bien différentes, à l'aube des élections d'Obama, le 4 septembre 2008. Laura est déprimée, et veut mettre fin à ses jours. Samuel essaye de comprendre ce qui est arrivé à son fils.

Nos deux personnages vont chacun faire leur chemin, tandis que nous les suivons pas à pas. Il m'a été plus facile de me reconnaître en Laura, par son état d'esprit résigné et déterminé à la fois, à sa tristesse, tandis que la douleur de perdre un enfant ressentie par Samuel, bien que magnifiquement retranscrite, m'a moins touchée.

Au delà d'un roman assez triste, c'est une réflexion qui m'a beaucoup touchée, sur l'être humain, sur la vie, sur ce que l'on fait sur terre, et pour moi c'est très intéressant.

Pour terminer, même si ça n'est pas dans mon habitude, un petit extrait qui m'a beaucoup touchée.

Rien pour l'heure, ne la fait dévier, ni même vaciller. Sans doute se force t'elle un peu, s'obligeant au respect scrupuleux de ses automatismes, mettant un peu plus d'application que d'habitude dans sa conduite. Toutefois, il est évident que tout cela révèle d'une mécanique incroyablement huilée. Il faudrait un évènement considérable pour l'enrayer. Sa propre mort ne constitue apparemment pas un évènement considérable.

16 févr. 2012

Je suis une créature émotionnelle, d'Eve Ensler



Auteur : Eve Ensler - Traductrice : Alexia Périmony
Editeur : 10/18 - Parution : novembre 2011
ISBN : 9782264055538 - Prix : 15.90 €


A propos de l'auteur

Eve Ensler est l'auteur de la célèbre pièce "Le monologue du Vagin", bestseller aux Etats-Unis. C'est également la fondatrice du V-day, mouvement mondial contre les violences faites aux femmes. Eve Ensler a reçu pour son oeuvre le prix Isabelle Stevenson, qui honore les personnes du monde du théâtre ayant contribué à une oeuvre humanitaire.


Ressenti

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, cet ouvrage n'est pas un roman ou une pièce de théâtre. C'est fait de monologues, de réflexions, et de témoignages sur la condition féminine.

Eve Ensler le dit dès le départ, c'est un livre qui se destine plus aux adolescents à la base, mais qui est largement lisible par tous. Elle nous parle de ce qui pousse les filles à être "filles", à se faire belle, à se comporter comme des filles, à être plus raisonnées, parce qu'une fille, c'est raisonnable, enfin !

Plus que ça, l'auteure encourage l'ambition, pousse chacun(e) d'entre à accomplir ce que nous souhaitons, et peu importe les conventions sociales, puisqu'il s'agit bien de ça au final, de combattre ceux et celles qui vous disent qu'une femme c'est doux, ça porte des robes, des jupes, des chaussures à talon, ce n'est pas chef d'entreprise, et tant d'autres choses.

On pourrait reprocher à ce livre de ne pas pousser plus loin la réflexion sur l'éducation et ce qui nous pousse à nous comporter, mais il est prévu une bibliographie fournie pour ceux et celles qui souhaitent aller plus loin à la fin de l'ouvrage.

A lire et à faire lire.

9 févr. 2012

L'exorciste, de William Peter Blatty



Auteur : William Peter Blatty - Traductrice : Jacqueline Remillet
Editeur : Robert Laffont - Parution : Octobre 2011 (réédition)
ISBN : 9782221125519 - Prix : 10.90 €


A propos de l'auteur

Né en 1928 de parents libanais qui s'installèrent aux Etats-Unis lorsqu'il avait trois ans, William Blatty connut une enfance difficile qui fut dans les années 30 le lot commun des immigrés de fraîche date. Il fut d'abord auteur comique de romans puis de scénarios à Hollywood, ce qui ne lui rapporta que des succès d'estime (il collabora avec Blake Edwards). C'est lors d'une retraite dans un chalet isolé que lui vint l'inspiration d'où devait naître L'Exorciste.


Résumé

Des choses étranges se produisent dans la maison de Chris MacNeil, célèbre actrice américaine. Sa petite fille, Regan, change progressivement de caractère, pour finir devenir méconnaissable aux yeux de tous. Personne ne semble comprendre qui se passe dans cette maison, tandis que la petite fille ne cesse de devenir plus étrange....


Ressenti

Qui n'a pas déjà vu ou entendu parler du film du même nom ? Toujours est-il pour ma part que je ne savais aucunement qu'il s'agissait d'une adaptation.

Nous sommes dans les années 60, dans ce qui paraît être une famille heureuse, même si le père n'est pas là. Problème, le bonheur familial ne va pas durer longtemps puisque très vite, quelques soucis apparaissent, tels des bruits étranges dans la maison, un comportement étrange de la petite Regan, et bien d'autres choses encore.

L'angoisse monte petit à petit, tandis qu'on suit Chris, la maman, qui cherche une solution, consulte des médecins, et espère que ça s'arrange, en vain, jusqu'au moment où la situation devient horrible.

De l'autre côté, nous avons le père Karras, dépressif, qui s'en veut du décès de sa mère, et qui va être amené à s'intéresser au cas de cette famille.

Avouons-le, le fait de déjà connaître la fin de l'histoire ôte un peu de suspens et de peur là dedans. Cependant, c'est terriblement prenant, et il est difficile de ne pas angoisser autant que les personnages. A lire si vous voulez vous faire peur le temps d'une lecture !

1 févr. 2012

Leviathan, de Scott Westerfeld



Auteur : Scott Westerfeld - Traducteur : Guillaume Fournier
Editeur : Pocket Jeunesse - Parution : Septembre 2010
ISBN : 9782266194167 - Prix : 19 €


A propos de l'auteur

Scott Westerfeld, né le 5 mai 1963 au Texas, est un écrivain de science-fiction américain s'étant notamment illustré dans le sous genre de la space opera. Ses écrits sont très inspirés du panthéon de la SF, dont il fait aujourd'hui partie. Son style mystérieux et son humour décalé ont fait le tour de la planète et ont conquis des millions de lecteurs. C'est notamment l'auteur de la série Uglies pour la jeunesse.


Quatrième de couverture

Alek se retrouva projeté dans le siège du commandant tandis que la machine s'ébranlait.
Il s'efforça de boucler ses sangles, mais une pensée terrible l'occupait tout entier et lui occupait les doigts. S'ils essayent de me tuer... c'est que tout est vrai. Le comte Volger s'accroupit près de lui, criant pour couvrir le vacarme des moteurs et des coups de canons. Voyez le bon côté des choses, Alek. Si on vous tire dessus, c'est bien que vous représentez une menace pour le trône !


Ressenti

De Scott Westerfeld, je garde un excellent souvenir de sa série Uglies, et c'est pour cela que lorsque j'ai vu se profiler une lecture sur Leviathan, j'ai bondi sur l'occasion.

Nous sommes en Autriche, au tout début de la première guerre mondiale, et nous suivons Alek et Deryn, deux adolescents, au rythme de deux chapitres par personnage. L'un est prince, l'autre se fait passer pour un garçon afin d'entrer dans l'armée anglaise, bref, rien les rapproche à première vue. Il est très facile à mes yeux de s'attacher à Deryn, garçon manqué aventureuse, et débrouillarde, mais peut-être un peu trop d'ailleurs. Alek a plus de difficultés, va de bourde en bourde à certains passages, et est assez arrogant.

Mais le plus intéressant, c'est ce monde que nous a créé l'auteur. Ici, les allemands/autrichiens ont inventé les Mecanopodes, de véritables machines de guerre, tandis que les anglais ont conçu de nouvelles espèces animales et s'en servent pour la guerre, la preuve en est la couverture où on admire le Leviathan, une sorte de baleine.

L'intrigue est assez intéressante, mais ne fait que démarrer, on a encore tout un tas de questions à la fin du tome 1 (et encore heureux, étant donné qu'il reste encore deux tomes !), en attendant, une lecture commune se profite pour le tome 2, et comme le tome 1 m'a plu, il est probable que je m'y joigne !

Lecture commune avec Spocky, Acr0, Endea, Lelf, Vert, et Yume.