30 oct. 2011

La horde du Contrevent, d'Alain Damasio


Auteur : Alain Damasio - Illustrateur : Boris Joly-Erard
Editeur : Gallimard (La Volte 1ère ed) - Parution : 2007
ISBN : 9782070342266 - Prix : 9 €


A propos de l'auteur

Alain Damasio a écrit de nombreuses nouvelles. Son premier texte long est La Zone du dehors, roman d’anticipation qui s’intéresse aux sociétés de contrôle sous le modèle démocratique (inspiré des travaux de Michel Foucault et Gilles Deleuze).
Son second livre est récompensé par le Grand Prix de l'Imaginaire 2006 dans la catégorie Roman. Il s'agit de La Horde du Contrevent (roman accompagné d'une bande-son composée par Arno Alyvan), véritable succès public qui s'est vendu à plus de 50 000 exemplaires.
En 2008, il pose sa voix sur Bora2, un morceau de musique de Rone. En 2009, il écrit La Rage du sage (essai politique et poétique sur notre époque) pour le single gratuit Memento mori du groupe SLIVER.


Résumé

Dans un monde futuriste, nous suivons un groupe d'aventuriers qui tente d'avancer, malgré les obstacles qui se présentent sur leur route, et malgré le vent.


Ressenti

Pour commencer, ne faites pas comme moi, et ne pensez pas que le précieux marque-page fourni avec le livre ne sert qu'à marquer la page. Vous verrez, c'est super utile pour la suite.

On démarre directement ce roman, on entre dans une scène où notre petite troupe dont on ne sait rien s'apprête à lutter contre une forme terrifiante du vent, le furvent. Pas le temps de tenter de comprendre dans quel monde l'auteur nous a plongé, de comprendre qui est qui parmi les personnages. Cette façon est à la fois perturbante, puisqu'elle oblige le lecteur à partir directement en terres inconnues, mais elle nous happe également, nous oblige à suivre l'histoire pour savoir qu'est ce qui se passe, connaitre un peu la situation.

Tout le roman sera ainsi, parcouru d'ellipses temporelles, chaque personnage écrit sans qu'il y a ait d'ordre précis, et même si cela peut être difficile à suivre, ça n'en rend pas moins le roman plus vivant à mes yeux.

On est touchés par ces personnages, tous différents, tentant tous de survivre comme ils le peuvent, dans cette petite équipe partie pour un voyage sans retour. Un très beau roman de science-fiction.


21 oct. 2011

Tout, tout de suite, de Morgan Sportès


Auteur : Morgan Sportès
Editeur : Fayard - Parution : Septembre 2011
ISBN : 9782213634340 - Prix : 20.90 €


A propos de l'auteur

Morgan Sportès est né en 1947 à Alger.
Ses livres sont traduits en de nombreuses langues (espagnol, italien, portugais, grec, japonais, thaï, allemand, russe, polonais, chinois…). L'Appât a également été porté à l’écran par Bertrand Tavernier.


Résumé

2006. En banlieue parisienne, une bande enlève un jeune homme, et demande une rançon énorme. Ils vont le garder prisonnier pendant plus de 20 jours, le torturer, et finalement, le tuer. Morgan Sportès tente ici de reconstituer ce qui s'est passé, basé sur des faits réels, l'affaire du Gang des Barbares.


Ressenti

C'était un ouvrage assez attendu, à cause de l'affaire qu'il le traite, et qui rend ce livre assez difficile à lire. En effet, on ne peut que garder à l'esprit pendant la lecture, que même si l'auteur présente ça comme de la fiction, les faits ont tout de même eu lieu, et il n'est pas évident de différencier ce qui s'est réellement passé de la fiction.

De l'autre côté, on appréciera beaucoup le côté documentaire, très froid, qui ne s'implique pas ou peu dans l'émotionnel des personnages, et qui nous permet peut-être d'avoir moins conscience de l'horreur et de ce qui se produit.

Ce n'est pas un livre que je conseillerais, mais on peut tout de même apprécier le style de l'auteur, et sa prouesse d'être parvenu avec les faits tels qu'on les connait, à un roman qui reste lisible.


Solution terminale, d'Anne Maro



Auteur : Anne Maro
Editeur : Champ Vallon - Parution : Septembre 2011
ISBN : 9782876735514 - Prix : 17 €


A propos de l'auteur

Anne Moro vit entre le Vercors et la Chartreuse. Solution terminale est son premier roman.


Quatrième de couverture

Pendant que le grand portail claque, il s'entend dire cette phrase étrange, pour la première fois de sa vie : "Je crois que je le hais".
"Je le hais, je le hais, je le hais" remplace peu à peu ce lancinant "Je suis en retard". Il n'a pas le temps de s'en étonner. Son esprit n'existe pas. A ce moment même, il n'est qu'un être fonctionnel au service d'un maître qui n'accepte aucun retard. Devant l'ascenseur, il glisse sur le sol fraîchement lavé, se rétablit et lit pour la millième fois, machinalement, l'écriteau : "Interdit aux moins de 70 ans".

Ressenti

Nous sommes dans une société où les "vieux" ont pris le pouvoir. Ils sont révérés par-dessus, et les jeunes sont devenus leurs esclaves, devant les servir sans l'ombre d'une hésitation, sous peine de terribles sentences.

Vous êtes face à un premier roman futuriste, où un jeune, qui est censé être le futur de l'humanité, est devenu un moins que rien, un serviteur, un simple "utilitaire", comme ils sont désignés durant tout le roman.

La forme est assez étrange, puisque c'est sous forme de rapports que font les Vieux, ou d'écrits des jeunes, ou encore de rapports administratifs. Il n'y a pas de prénoms, seulement des numéros, et si ça donne une certaine originalité, cela rend aussi la compréhension du texte assez difficile par moments.

Anne Maro nous décrit cette société où vivre vieux est devenu aussi important, et j'ai aimé personnellement la réflexion que ça peut nous pousser à avoir. Pourquoi prolonger autant la vie ? Pourquoi privilégier ceux qui vont s'éteindre sous peu envers et contre tout ? C'est aussi l'histoire d'une révolution, et deux "utilitaires", habitués à se considérer comme tels, qui vont devoir apprendre qu'ils ne sont pas que cela, mais aussi, des êtres humains.


18 oct. 2011

Il faut qu'on parle de Kevin, de Lionel Shriver (livre et film)


Auteur : Lionel Shriver - Traductrice : Françoise Cartano
Editeur : Belfond - Parution : 2006
ISBN : 9782290003237 - Prix : 8.40 €

Réalisatrice : Lynne Ramsay
Acteurs :
Eva : Tilda Swinton - Kevin : Ezra Miller (adolescent) et Jasper Newel (5-8 ans)
Franklin : John C. Reilly - Celia : Ashley Gerasimovitch


A propos de l'auteur

Lionel Shriver est née en 1957, et diplômée de Columbia. Il faut qu'on parle de Kevin est son septième roman, et a obtenu le prix Orange Prize 2005.


Résumé

A la veille de ses seize ans, Kevin tue neuf personnes de sang-froid dans son lycée. Sa mère revient sur ce drame et tente de comprendre.


Ressenti

Livre

La première chose à savoir, est que nous sommes dans un roman épistolaire, où chaque lettre, écrite par Eva, la mère de Kevin, est adressée à son mari, Franklin. Lentement, elle va retracer l'histoire de son fils, tenter de comprendre ce qui s'est passé, le pourquoi d'un tel acte.

On appréciera une écriture fluide et poignarde, qui nous laisse bien voir le désarroi de cette mère, face à un enfant qui la rejette de tout son être dès sa naissance, sa culpabilité de ne pas savoir pourquoi.

Mais le plus intéressant pour moi, c'est cependant la réflexion qui est menée sur la maternité. Attention, spoilers à partir d'ici.

Spoiler : :
Est-ce que ne pas avoir désiré suffisamment un enfant fait de lui un monstre en puissance ? Est-ce que ça fait de nous un monstre ? Sommes-nous coupable face à un lien affectif qui refuse désespérément de se nouer? Que se passe-t'il en l'être humain lorsqu'on comprend que notre enfant, celui qu'on a porté, aimé, et élevé,nous déteste du plus profond de son être ?



Film


Une chose est sûre, le début de ce film est très étrange, et réussit parfaitement son coup, à savoir mettre le spectateur mal à l'aise pour la suite, en lançant une ambiance rouge sang qui subsiste durant tout le film.

Ce qui m'a déçu, car malheureusement tout n'est pas parfait, c'est très simplement que toute la partie de réflexion est simplement effleurée ici. C'est aussi parfaitement compréhensible, puisque le roman est lui-même introspectif, et il me semble que c'est assez difficile en conséquence à retranscrire sur un écran. Cependant, la structure du film est un peu particulière, et pas toujours évidente.

Ce que j'ai adoré, la performance des acteurs. Tilda Swinton, qui joue la mère de Kevin, Eva, exprime merveilleusement cette terreur, cette angoisse, et tout simplement cette sensation terrible d'être perdue et désespérée, lâchée dans quelque chose sur lequel on a aucune prise. Ensuite, nous avons Jasper Newel, le Kevin de 6 à 8 ans. Je crois que je n'oublierais pas de sitôt cet air de mépris absolu qu'il prend lorsqu'Eva tente de lui apprendre les chiffres. Enfin, il faut aussi citer Ezra Miller, Kevin adolescent, qui glace le sang également.


Pour finir, vous l'aurez compris (ou pas), le roman a tout de même eu ma préférence, la faute à un approfondissement des sujets traités. Le film reste marquant, mais moins que le livre pour moi. A noter qu'il est sans doute plus intéressant de voir le film, avant de lire l'ouvrage, et de ne pas faire l'inverse comme moi.

10 oct. 2011

Princess Bride, de William Goldman



Auteur : William Goldman - Traducteur : Ange
Editeur : Milady - Parution : Novembre 2009
ISBN : 9782811202095 - Prix : 8 €


A propos de l'auteur

William Goldman, écrivain et scénariste depuis plus de quarante ans, a remporté deux Oscar et trois récompenses pour l'ensemble de sa carrière.
Princess Bride est son chef-d'oeuvre, un roman unique en son genre et un classique dans le monde entier.


Quatrième de couverture

Il était une fois la plus belle des aventures, auréolée par le grand amour, le seul, le vrai.
Le conte intemporel de S. Morgenstern -redécouvert et merveilleusement abrégé par Wiam Goldman - est peuplé de personnages aussi inoubliable que Westley, le beau valet de ferme qui risque sa vie pour la femme qu'il aime ; Inigo Montoya, le fabuleux bretteur qui ne vit que pour venger la mort de son père ; Fezzik, le plus doux et le plus fort des colosses... et bien sûr, Bouton d'or : la princesse, la fiancée, la femme idéale, la plus belle de toute l'histoire du monde.


Ressenti

Soyons clairs et précis, si on ne m'avait pas mis ce livre entre les mains, je n'aurais probablement pas lu. Parce que Milady, c'est assez souvent de la bit-lit, et que la bit-lit, j'ai tenté et pas aimé, ou très peu. Je remercierai une bonne âme en la personne de Sab quisereconnaîtra, pour m'avoir dit que c'était génial et que si si, ça allait me plaire. Et comme la demoiselle connaît mes goûts en lecture....

Cette édition commence par deux préfaces de l'auteur pour le prix d'une, ce qui est plutôt pour connaître l''histoire de ce roman, qui a failli ne pas voir le jour. Ensuite, on rentre dans le vif du sujet, à savoir une histoire d'amour pas comme les autres entre la plus belle femme du monde, Bouton d'or, et son amoureux.

Une des choses à savoir en premier lieu, c'est que notre ami l'auteur ne se gêne pas pour commenter et couper l'oeuvre originale, ce qui peut parfois être très surprenant et un peu gênant, étant donné que ses interventions sont un peu longues par moment, mais restent intéressantes.

Et surtout, c'est une histoire drôle, et touchante, qui ne se centre pas loin de là sur nos deux personnages principaux, mais aussi sur les autres, sur leurs histoires. Difficile de ne pas être touchée par leurs difficultés ! Dans tous les cas, les éléments pour se distraire et mourir de rire sont tout à fait là !


2 oct. 2011

La petite, de Michèle Halberstadt



Auteur : Michèle Halberstadt
Editeur : Albin Michel - Parution : Septembre 2011
ISBN : 9782226229717 - Prix : 12.90 €


A propos de l'auteur

Michèle Halberstadt est productrice de cinéma. "La petite" est son troisième roman publié chez Albin Michel.


Quatrième de couverture

"J'ai douze ans ce soir et je serais morte."

Méfiez -vous des enfants sages...


Ressenti

Un roman qui traite du suicide, ça n'est pas très courant, mais pas rare non plus. Un roman qui traite du suicide chez les pré-adolescents, c'est déjà un peu plus rare. Et un roman qui en parle bien, c'est encore plus dur à trouver.

Pourtant, c'est bien le sujet traité ici, par la voix d'une enfant de douze ans. On s'en doute, ça n'est pas quelque chose de facile à lire ou à écrire, cependant, c'est très bien fait ici. On découvre une petite fille, qui, à la mort de son grand-père, a cessé de faire confiance aux adultes. Une enfant qui pense que ses parents ne lui font pas confiance, puisqu'ils refusent de partager leur peine avec elle. Une pré-adolescente sage et une enfant sage aux yeux du monde, qui va pourtant choisir délibérément de mettre fin à ses jours.

Il n'est jamais trop tard pour se souvenir que les enfants comprennent bien des choses, et ce roman est merveilleux à lire, offre un autre regard sur l'enfance, ainsi qu'une lueur d'espoir.