25 mai 2010

Magiciennes et sorciers, anthologie



Auteurs : Pierre Bordage, Charlotte Bousquet, Fabien Clavel, Lionel Davoust, Jean-Claude Dunyach, Laurent Gidon, Julien d'Hem, Jean-Philippe Jaworski, Maïa Mazaurette, Sylvie Miller, Justine Niogret, Sire Cédric, Rachel Tanner, Philippe Ward, Eric Wietzel - Illustrateur : Julien Delval
Editeur : Mnémos - Parution : 20/05/2010
Prix : 20€ - ISBN :
9782354080792


Résumé et ressenti

Coeur de serpent, Sire Cédric : Au début, difficile de voir la magie de la nouvelle. Cependant, excellente nouvelle pour démarrer le recueil, on se met doucement dans le bain, on est intrigué par cet homme, et on en veut en savoir plus. Cette idée de la possession est également assez intéressante.

Djeeb l'enchanteur, Laurent Gidon : S'il y a une chose qui peut être difficile pour le lecteur dans une nouvelle, c'est lorsque le lecteur utilise un personnage principal d'un de ses romans. Heureusement ici le personnage est fascinant. Apparemment simple charlatan, il se développe tout au long du récit, et paraît ainsi moins stupide qu'au premier abord. L'idée de la confusion entre technologie et magie est également attrayante, et il serait agréable de la voir traitée dans un récit plus long.

Toiles déchirées, Charlotte Bousquet : Le début de la nouvelle est intéressant. On assiste à l'agonie d'une femme, et son enfant découvre peu à peu ses souvenirs. Ce qui est vraiment agréable, c'est de voir à quel point l'enfant elle-même voudrait rejeter cette mémoire qui s'impose à elle. On s'attache assez vite au personnage de la mère, que l'on retrouve jeune dans les souvenirs, mais on comprend aussi la réaction de sa fille. Dommage que la nouvelle s'arrête là, on aimerait connaître la suite !

Exaucée, Maïa Mazaurette : C'est une histoire de voeux, de prince charmant, d'amour, et de religion. En effet ici, une jeune sorcière a invoqué un prince charmant, et va apprendre à ses dépens que tout n'est pas rose. Une belle leçon sur la superficialité et sur l'apparence, mais également sur la religion et l'intolérance. Belle nouvelle malgré la fin.

T'humilierais, Justine Niogret : En voilà une nouvelle qui démarre sur les chapeaux de roue, et aussi à laquelle on ne comprend pas grand chose au début. Non, on ne comprend pas vraiment la réaction de la bossue, jusqu'à ce qu'elle s'explique. Son histoire est vraiment prenante, et surtout bien écrite.

L'ultime illusion, Erik Wietzel : Ici, excepté que le personnage principal est un magicien, on ne voit pas vraiment où la magie. C'est une nouvelle bien écrite, qui parle d'un magicien malade, cherchant un moyen de se soigner, et qui le découvrira par un moyen bien inattendu. Une façon peut-être de faire passer l'amour pour magie ? ^^

In Cauda Venenum, Rachel Tanner : Ici encore, on est face à un personnage principal de roman, mais cela se sent plus. Judith la magicienne est certainement un personnage intéressant, mais la nouvelle ressemble plus à une enquête d'ordre magique. On sent que le personnage a ici quelque chose qu'on ne voit pas dans la nouvelle, et c'est dommage.

Margot, Julien d'Hem : Dans cette nouvelle, on met du temps à comprendre vraiment ce qui se passe, mais le début est très beau. On aime la description d'une femme agressée qui va déposer plainte, et surtout, les sentiments qu'elle éprouve à cet instant paraissent vraiment réalistes, et touchants. On pourrait croire ensuite à une simple histoire de vengeance, mais il y a plus que cela, et l'idée évoquée à la fin de la nouvelle laisse tout loisir de réflexion. A lire et à relire.

Le crépuscule des maudites, Sylvie Miller et Philippe Ward : Nouvelle très intéressante sur l'inquisition, mais que j'avoue avoir eu du mal à apprécier, la faute à tout le côté religion et intolérance. Mais le côté des dieux de la nature est très bien écrit, et c'est appréciable. En revanche, la fin laisse sur sa faim et donne envie d'en avoir plus.

L'Autre, Pierre Bordage : L'Autre. Elle n'est jamais nommée. On sait juste que c'est une femme, qui habite sur une colline, un peu à l'écart du village. Jamais décrite non plus. Ah, et on sait aussi que c'est la cause de tous les maux des habitants. Tout survient par sa faute. C'est évident. On appréciera ici les suppositions faites par chacun des personnages, et on observe avec attention leurs superstitions. Un plaisir aussi de retrouver l'écriture de Pierre Bordage.

Respectons les procédures, Jean-Claude Dunyach : On ne voit pas vraiment de véritable magie dans cette nouvelle, mais c'est un plaisir à lire, parce qu'elle détend, parce qu'elle nous fait rire, parce qu'on comprend tellement ce pauvre troll qui doit supporter les paperasses réclamées par l'administration. Nouvelle bien agréable à lire.

Quelques grammes d'oubli sous la neige, Lionel Davoust : Difficile de définir quelque peu cette nouvelle. C'est à la fois le récit de la chute d'un royaume, une histoire d'amour, et la prise de conscience d'un être. Elle exploite très bien le sujet de l'évolution d'un roi qui voit son pays changer. Méfions-nous de l'avenir....

La troisième Hypostase, Jean-Philippe Jaworski : C'était la première nouvelle que je lisais de cet auteur, et le moins que l'on puisse, c'est que les louanges sont amplement méritées. Au début, on a l'impression d'être simplement face à une enchanteresse parvenue au terme de sa vie, mais il ne s'agit que si peu de cela. En quelques pages, l'auteur parvient à nous faire entrevoir le monde qu'il a créé. Probablement l'une des nouvelles de l'anthologie qui m'a le plus marquée.

Chamane, Fabien Clavel : C'est l'histoire d'un jeune apprenti chamane dont le peuple est en exil. On ne comprend pas vraiment pourquoi, mais cela ne semble pas essentiel au récit. C'est une nouvelle intéressante, qui mêle beaucoup l'animal à l'humain, mais la fin semble un peu en queue de poisson à mon goût. La nouvelle mériterait pour moi d'être plus étoffée.

24 mai 2010

Acacia, de David Anthony Durham



Auteur : David Anthony Durham - Traducteur : Thierry Arson
Editeur : Le Pré aux Clercs - Parution : 16/10/2008
Prix : 20.95€ - ISBN : 9782842283421

Existe aussi chez Pocket à 12€

A propos de l'auteur

David Anthony Durham est né à New York en 1969 de parents d'origine caribéenne, et a grandi dans le Maryland où il est devenu professeur d'université. Après avoir beaucoup voyagé à travers les Etats-Unis et l'Europe, il s'est installé en Écosse pendant plusieurs années avec sa femme et ses enfants. En 1999, alors qu'il vivait en France, il a écrit Gabriel's Storyqui a reçu de nombreuses distinctions, comme celle du New York Times Notable Book ou du Los Angeles Times Best of 2001 pick. Ce livre est centré sur les colons Afro-américains de l'Amérique de l'Ouest. En 2002, Walk through Darkness raconte l'histoire d'un esclave en fuite, juste avant la guerre de Sécession. En janvier 2005, DA Durham a publié son troisième livre, Pride of Carthage, une fresque historique.


Résumé

Nous sommes dans un monde médiéval, plus précisément sur une île, Acacia. Un roi règne, Leodan Akaran, et apparemment, tout va bien dans le royaume. Apparemment. Car Leodan s'est bien gardé de dévoiler au peuple, et particulièrement à ses quatre enfants, que leur richesse est basée sur le trafic d'esclaves et de drogue. Le problème, c'est que les situations comme celle-ci durent rarement, et c'est le cas ici, puisque le roi est assassiné par un Mein, peuple nordique, lui laissant tout juste le temps de lancer un plan mis en place pour sauver ses enfants.
Suivez ensuite le destin d'Alliver, Corinn, Mena, et Dariel, qui vont devoir se battre pour reconquérir leur empire, et lui redonner son éclat.


Ressenti

Si vous avez aimé le Seigneur des Anneaux, vous aimerez probablement Acacia. C'est le genre de roman assez lent au début, qui prend tout son temps pour mettre le monde en place, et dont on sent que l'auteur s'est énormément documenté pour créer ce monde. C'est aussi un des défauts du livre, parce que honnêtement, dans les deux cent premières pages, il ne se passe presque rien. Il faut donc s'accrocher un peu, et s'imprégner du décor pour pouvoir continuer la lecture.

Cependant, quel plaisir quand l'intrigue se met enfin vraiment en place... Imaginer un empire tenu en laisse par une guilde marchande est audacieux, tout comme l'utilisation de la drogue et du trafic d'esclaves. A travers l'évolution des quatre enfants, l'auteur nous fait aussi voir différentes facettes de l'empire, ce qui est très intéressant.

On peut dire que ce n'est pas le meilleur livre pour se défouler les neurones, mais Acacia est tout de même un excellent roman, et on a hâte d'avoir la suite en main.

18 mai 2010

Solstice











Auteurs : Jean Baret, Anne-Laure Daviet, Meddy Ligner, Fabien Clavel, Elisabeth Henry, Jessalyn, Veronique Pingault, Benoit Giuseppin, Nicolas Kempf, Mathieu Gaborit, Nicholas Delong, Nicolas Cluzeau, Olivier Getcher, Anaël Verdier - Illustrateur : Bruno Wagner
Editeur : Mille Saisons - Parution : 01/09/2008
Prix : 18- ISBN : 9782952564612


Second volume de l'anthologie "Crimes en Imaginaire"



Ressenti et résumé


Navrée par avance de la présentation de cet article, mais il est difficile de résumer une anthologie :p


A flot et à sang, Meddy Ligner : Si une nouvelle m'a marquée dans cette anthologie, c'est bien celle-ci. Imaginer un lien télépathique humain-animal. Oui, ça a déjà été fait, mais on ne s'attend certainement pas à trouver ça dans une anthologie qui traite du crime. On met un peu de temps à comprendre qui est qui, mais les descriptions maritimes sont superbes, et la fin poignante.


La vengeance du Dieu-Hêtre, Fabien Clavel : Le personnage principal de cette nouvelle est passionnant. Un enquêteur obèse, gros lecteur, qui délègue énormément. Pas bien convaincant. Sauf que se cache cici un excellent esprit d'analyse. La magie ne semble pas être courante dans le monde de Fabien Clavel, mais la fin laissse la place aux doutes, et on aimerait en savoir plus. A découvrir dans le premier roman de Fabien Clavel, d'où vient ce personnage.


Blonde à forte capacité pulmonaire, Elisabeth Henry : Rien que le titre intrigue. On se demande à qui on va avoir à faire, et on n'est pas déçu. C'est une nouvelle pleine d'humour, avec un personnage qui semble stupide, mais attachante. Espérons que ce sont que les débuts de ses aventures !


Eramus Angeli, Jessalyn : Nouvelle magnifique, qui nous conte l'histoire d'un ange brisé par la torture. Ce qu'elle vit, sa souffrance, et celle de Raphaël également, son maître, sont très bien exprimés. On a ici une approche intérieure de l'Eden et on ne demande qu'à en savoir plus. Nouvelle à lire et à relire.

Le Rebooteux, Jean Baret : Imaginez qu'un homme puisse tout soigner. Pénétrer l'inconscient d'un être pour tuer la blessure, et soigner ainsi. Rebooter l'inconscient. On est ici face à un tueur, mais un tueur de blessures d'inconscient. Cette théorie est très intéressante, et les descriptions très belles, bien qu'il puisse être difficile de saisir le message de la nouvelle.

A fleur de peau, Véronique Pingaut : Au début, on peut se demander ce que vient faire cette nouvelle ici. A première vue, ça semble être une simple histoire d'amour entre un homme et une femme un peu étrange. Tout tourne en réalité autour de ce secret, et la fin de la nouvelle est à la fois triste et prise de conscience.

Du sang sur mes mains, Benoit Giusippin : Nous revoilà ici avec un tueur. Nouvelle bien écrite, mais ici on a un problème de point de vue. Il s'est avéré difficile pour moi de comprendre l'acte du tueur avant la toute fin de la nouvelle, mais c'est sans doute voulu. L'auteur explore ici le domaine de folie, et pousse à la réflexion.

Best-seller, Nicolas Kempf : Cette nouvelle-ci, on peut se demander si le fantastique est présent ou pas. On suit les pas d'un auteur qui a signé un contrat en blanc pour un best-seller qui reste à écrire. Les divers états d'esprit du personnage sont très drôles à lire, et la fin originale. Un bon texte sur la paranoïa ^^

Mime, Mathieu Gaborit : Ici, on est dans une sorte de chasse à l'âme. Oui, notre personnage doit "féconder" une âme. Etrange, non ? C'est une nouvelle intéressante sur deux points : on est tout d'abord pris dans la chasse, mais on a aussi une période d'introspection et de questionnement.

Un dernier oracle, Nicolas Delong : Imaginez qu'on puisse voir le futur, et qu'il ne nous plaise pas. Imaginez qu'on veuille le changer. Et regardez les conséquences que ça peut avoir. Attention à ne pas vous laisser décourager par l'explication scientifique des trous noirs !

Le syndrome de Talos, Nicolas Cluzeau : Malheureusement, l'héroïne se prête plus ici à un roman qu'à une nouvelle. Elle est de ceux pour qui un peu de temps est nécessaire pour l'apprécier, puisqu'elle se mêle de ce qui ne la regarde pas ^^ C'est un scénario d'enquête intéressant, même si l'épilogue est difficile à comprendre.

Bonne lecture !

13 mai 2010

A la pointe de l'épée, de Ellen Kushner


Auteur : Ellen Kushner - Traducteur : Patrick Marcel
Editeur : Gallimard - Parution : 04/03/2010
Prix : 7.70€ - ISBN : 9782070399079


A propos de l'auteur

Romancière new-yorkaise, Ellen Kushner est née à Cleveland (Ohio).
Passionnée par l'histoire médiévale et les traditions, elle a dirigé une collection de fantasy avant de se lancer dans l'écriture.


Résumé

Nous voici dans une ville médiévale, dont nous ne connaissons pas le nom d'ailleurs. Bref. Nous suivons les pas de Richard Saint-Vière, bretteur redoutable et réputé. Seulement, notre ami va être demandé par plusieurs personnes, et se retrouver empêtré dans les intrigues politiques des nobles.


Ressenti

Tout d'abord, il faut savoir que la quatrième de couverture n'est pas vraiment ce à quoi on pourrait s'attendre. Oui, on a quelques duels, mais il faut avouer que la majorité de l'intrigue se constitue de diverses intrigues politiques. On se demandera également très vite qui est le fameux Alec, compagnon de Richard, ou encore ce qu'est le rôle de Michaël Godwin, jeune lord.

C'est peut-être là qu'à mon goût le récit pêche le plus. En effet, Lord Michaël est très présent (à peu près un chapitre sur deux) pendant plus de la moitié de la récit, et au final, pfiou, plus rien, il semble avoir disparu de l'intrigue. Les conversations ne sont pas plus toujours très plaisantes à lire, beaucoup sont politiques, et il est parfois un peu difficile de les suivre.

Cependant, ce roman se lit bien une fois qu'on a accroché à l'histoire. Le personnage d'Alec est très intéressant, on se demande mille fois ce qu'il peut bien faire avec un tel bretteur, le pourquoi de son attitude, et on ne s'attend certainement pas à la fin.

Un récit prenant donc, mais peut-être pas le meilleur de l'auteur.



7 mai 2010

Galadio, de Didier Daeninckx



Auteur : Didier Daeninckx
Editeur : Gallimard - Parution : 30/04/2010
Prix : 15.50€ - ISBN : 9782070129539


A propos de l'auteur

Né en 1949, Didier Daeninckx a publié une quarantaine de romans et recueils de nouvelles, ainsi que des ouvrages en collaboration avec des dessinateurs comme Jacques Tardi ou des photographes comme Willy Ronis.


Résumé

Nous sommes à Duisbourg, en Allemagne, dans les années 30, et suivons les pas d'Ulrich, un adolescent comme les autres, ou presque. La différence, c'est que son père était un soldat noir du Soudan français, et qu'il fait donc partie de ce qu'Hitler appelle la "honte noire". Pourtant, Ulrich échappe à son destin, et découvre une facette de lui, Galadio.


Ressenti

Une chose est sûre, on est mis dès le début du roman dans l'ambiance, dans cette période triste de l'histoire pour le peuple allemand, dont l'économie est effondrée. Certaines parties de la population sont écartées, et l'auteur parvient très bien à nous faire ressentir le changement qui se produit du point de vue d'Ulrich. Par exemple, il explique comment un ou deux ans plutôt, alors qu'il aurait du entrer dans les Jeunesses Hitlériennes, on l'a mis à l'écart, alors qu'auparavant, il était tout aussi intégré que les autres.

Ce qui change ici de beaucoup d'autres romans écrits sur cette période de l'histoire, c'est que le héros n'aura pas le destin auquel on pourrait s'attendre. La révélation de vouloir trouver sa famille du côté paternel, la rencontrer, tout ceci est très bien raconté.

Ce roman est sans doute un très beau témoignage de ce qu'ont vécu ceux auxquels on ne pense pas toujours, la population noire. On apprécie le roman qui se lit tout seul, et qui semble très bien documenté.

4 mai 2010

Un sentiment d'abandon, de Christopher Coake



Auteur : Christopher Coake - Traducteur : Michel Lederer
Editeur : Le Livre de Poche - Parution : 28/01/2009
Prix : 6.50€ - ISBN : 9782253127659


A propos de l'auteur

Christopher Coake est professeur de littérature à l'université du Nevada.
Un sentiment d'abandon, son premier recueil de nouvelles, a été écrit en 2005.


Résumé

Ce recueil comporte 7 nouvelles, toutes différentes, et il est difficile de les résumer sans trop en dévoiler. Sachez cependant qu'ici, nombreuses nouvelles traitent de la mort, des passages difficiles de la vie, et que si vous souhaitez plutôt rire, ce livre n'est pas le plus approprié.


Ressenti

La première nouvelle du recueil, On a tous des ennuis, est un peu perturbante, on commence avec deux personnages, et finalement, on continue avec des personnages différents. On dirait presque que plusieurs nouvelles très courtes ont été réunies en une, et cela peut surprendre au début, mais elles sont pleines d'émotions.

Certes, les sujets abordés sont difficiles, mais il est rare qu'un auteur parvienne autant à faire surgir l'émotion. Qui ne s'identifierait pas à un couple qui souhaite avoir un enfant, et qui en voit mourir sous leurs yeux ? Qui ne comprendrait pas la douleur d'une épouse qui perd son mari ?

A mes yeux, deux nouvelles sont particulièrement marquantes dans ce recueil.

Un sentiment d'abandon, parce qu'elle est tout simplement magnifique. Un couple de marginaux, bloqués dans un cabanon, en pleine tempête de neige. L'auteur parvient ici merveilleusement bien à nous faire ressentir les émotions des personnages, et la fin est tout simplement sublime, si bien qu'il est difficile de ne pas verser de larmes en voyant ce destin cruel.

En cas de décès ensuite. Imaginez que vous avez accepté d'être le parrain d'un enfant. Autrement dit, comme le dit la loi, de s'en occuper si ses parents viennent à mourir. Certains d'entre vous ont certainement déjà accepté cette responsabilité, mais imaginez que le pire subvienne. Imaginez que vous, vous êtes un pauvre type qui se considère comme un raté, qui a une vie sentimentale chaotique, et certainement pas prêt d'avoir un enfant. Que feriez-vous ?
Les doutes et les peurs du personnage sont ici magnifiquement retranscrites.

En bref, on a ici un recueil triste, mais qui se lit facilement, et qui emporte très vite le lecteur avec lui.

1 mai 2010

Alice au Pays des merveilles, suivi de La Traversée du Miroir, de Lewis Carroll



Auteur : Lewis Carroll - Traducteur : Laurent Bury - Illustrateur : John Tenniell
Editeur : Le Livre de Poche - Parution : 01/07/2009
Prix : 6.50€ - ISBN : 9782253082446


A propos de l'auteur

Professeur de mathématiques à Christ Church College à Oxford, il fut ordonné pasteur en 1861 mais n'exerça jamais. Il publia sous son vrai nom des ouvrages d'algèbre et de logique mathématique ainsi que des recueils d'énigmes et jeux verbaux. Il fut toute sa vie attiré par le charme des petites filles et Alice's Adventures in Wonderland (1865) fut à l'origine écrit pour amuser Alice Liddell et ses deux sœurs, filles du doyen de Christ Church. La suite des aventures d'Alice, Through the Looking-Glass parut en 1872, et The Hunting of the Snark, long poème parodique, en 1876. Les illustrations de John Tenniel sont depuis indissociables du texte.


Résumé

La petite Alice s'ennuie au bord d'un lac, lorsque soudain un lapin blanc passe près d'elle, et court dans son terrier, tenant une montre à la main, en disant "je suis en retard, en retard !". Se demandant de quoi il s'agit, Alice le suit, et s'enfonce dans le terrier...


Ressenti

Je ne détaillerai pas plus l'histoire, bien connue de tous, et réellement très proche du dessin animé Walt Disney vu en premier pour ma part. Tout d'abord, ce sont deux récits vraiment bien écrits, on les lit très facilement, et l'histoire est suffisamment intrigante pour être suivie.

Le point noir à mes yeux, ce sont les très nombreuses références aux contes anglais, qu'il faudrait sans doute avoir lu pour comprendre les parodies qu'en fait l'auteur ici (mea culpa, je n'ai pas eu le courage de les rechercher pour ma part). En effet, les notes nous indiquent souvent que les poèmes et chansons présentes sont des parodies ou des moqueries à l'attention de contes traditionnels anglais.

Le positif de cette édition, c'est qu'on a les noms des contes indiqués, et on peut donc faire les recherches si on le souhaite ^^ On découvre également avec joie le récit de La Traversée du Miroir, plus prenant, mais peut-être inconnu auparavant. Comme il n'y a que peu d'illustrations, les notes sont très utiles pour comprendre que certains personnages sont communs aux deux contes.

Au final, on apprécie ces contes, avec tous ces jeux de mots, ces histoires très étranges auxquelles on ne comprend pas grand chose, mais qui au final, ne correspondent-elles pas aux histoires qu'on pouvait se raconter enfant ?